jeudi 14 novembre 2013

Nouvelle rubrique: "Echelle blogarithmique"


Le logarithme de 100000 en base dix est 5 puisque 100000 = 10  puissance 5. Quand on parle d’échelle logarithmique, on évoque la possibilité de faire figurer sur un même graphique des ordres de grandeur tellement distincts qu’on aurait pu les croire incommensurables, mais c’est précisément dans la capacité schématique de vaincre cette difficulté que réside l’échelle logarithmique. Celle-ci permet donc de mesurer la complexité infinie du réel, de rendre proportionnelles des grandeurs tellement distantes qu’on les dirait, de prime abord, irréductibles à tout ordre de mesure « commun ». Par conséquent, quelque chose de cette volonté scientifique d’explorer l’univers en rendant compatible le travail de compréhension de l’infiniment grand et de l’infiniment petit, du macrocosme et du microcosme, de l’astrophysique et de la physique subatomique s’exprime à plein dans cette notion.

Dans cette nouvelle rubrique baptisée « échelle blogarithmique », nous souhaiterions faire de ce concept mathématique un usage plus simple et surtout plus proche, un peu comme de « la physique appliquée » si l’on veut. 
Il s’agira donc d’explorer la possibilité que l’anodin, l’accessoire, le « presque rien » côtoie le fondamental, le prépondérant, le grand Tout, faire ce pari qu’on n’est jamais plus proche de l’essentiel que lorsqu’on réfléchit sur la fausse banalité du quotidien, sur les franges inconscientes de ce fond d’écran que l’on appelle « la vie courante » et, qu’à ce titre, les pensées les plus minimes sont peut-être les plus à même de nous permettre de déchiffrer les énigmes les plus complexes. 
Ce qui est « quantité négligeable » est, en tant que « quantité », crucial, vital, à prendre en considération « toute affaire cessante », comme dit l’expression. Rien n’est dispensable. Quoi de mieux qu’un blog, ouvert à l’attention de tout le monde en général et de personne en particulier, pour servir de support, d’échelle logarithmique à cette levée de poussière dont le nuage révèle, dans un même effet de dispersion, le pas lourd des armées en marche et celui, discret et lancinant, de nos petites vies qui boitent ?

Nous avons déjà eu affaire à des personnes convaincues qu’il faut aller voir des spécialistes pour résoudre nos problèmes parce que « ceci n’a rien à voir avec cela ». Cette rubrique s’adresse, au contraire, aux non spécialistes de tous bords, mais seulement des « bords », c’est-à-dire celles et ceux qui se savent un peu fous « sur les bords » parce que cela vaut peut-être mieux qu’être sain d’esprit « comme tout le monde ». Il ne s’agit pas d’être gratuitement saugrenu mais au contraire de faire preuve d’un esprit de vigilance exacerbé, de ne rien négliger, précisément parce que tout a rapport avec tout. S’il fallait se recommander de références illustres, ce serait du côté de Gottfried Wilhelm Leibniz (1646 – 1716) et de Georges Pérec (1936 – 1982) que nous les trouverions.

Si vous pensez avoir déjà collecté, à ces moments qu’on dit, bien à tort, « perdus », des observations correspondant à ce profil (c'est-à-dire non pas qui ont rapport avec "tout et rien" mais qui, n'étant "rien", ont forcément rapport avec tout), exposez-les dans les commentaires de cette rubrique sans vous censurer, chacun a bien compris qu’il importe peu dans le cours de cette échelle blogarithmique que l’on monte ou que l’on descende puisque nécessairement les extrémités s’y rejoignent et les chiffres s’y répondent.

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