vendredi 16 mai 2014

Les remarques fantaisistes et inopinées sur l'actualité de Jared Kanjveu ou "comment lancer des grenades inoffensives dans un blog convivial et sympa plutôt qu'un lourd pavé dans la mare ?"



(Cette nouvelle rubrique n’a aucune prétention philosophique. Elle n’a finalement aucune prétention du tout. Elle rassemblera, de façon totalement anarchique et gratuite, les remarques  désintéressées et éventuellement humoristiques de Jared Kanjveu sur des faits de l’actualité…ou pas. Mais qui est Jared Kanjveu ? L’inventeur, l’organisateur et le seul adhérent d’un courant de « non pensée » absolue qu’il a intitulé le « Ou pas style ». Le principe est assez simple : dites quelque chose que vous pensez vraiment, à quoi vous adhérez totalement et terminez votre « prise de parole » par « …ou pas ! ». Imaginez les grandes déclarations de ce monde : « I had a dream »…. « ou pas ! », « je vous ai compris »…. « ou pas ! », « je pense donc je suis »… « ou pas ! » « Allô quoi ! »… « Ou pas ! ».

 La finalité de cette "neutre attitude" est dictée par le "climat" : dans une époque où il est très difficile de dire quoi que ce soit sans être l’objet de tentatives incessantes de classifications politique, idéologique ou religieuse, ne disons rien ! Ou plutôt terminons toutes nos prises de position par « Ou pas ! » histoire de n’avoir rien à dire sur rien mais d’en parler quand même. Jared Kanjveu se donne une liberté de parole d’autant plus illimitée qu’à la fin des fins, il est sans opinion, un peu comme ces enfants auxquels on interdit de parler à table et qui, débarrassés de cette encombrante nécessité d’avoir à prendre position, conçoivent clandestinement des images rigolotes et décalées, des distorsions. Le maître à « ne pas penser » de Jared Kanjveu est chinois, c’est l’inventeur de ce proverbe selon lequel « un sage n’a pas d’idées »… « Ou pas ! ». Il va de soi que chacun des visiteurs de ce blog est libre de participer..."Ou pas!"

Marquer des buts et les esprits


Dani Alves Stoïcien. Il est souvent « bien vu » dans les milieux intellectuels d’afficher un regard distant, ironique, légèrement méprisant, à l’égard des sportifs, principalement les footballers. Deux anecdotes récentes prouvent qu’ils se trompent. Lors du match qui l’opposait à l’équipe de Villareal, le joueur du Barça, Dani Alves a mangé la banane que lui lançaient des supporters racistes. Ce faisant, il a fait preuve d’une présence d’esprit, d’une justesse de vue et d’attitude exemplaires. L’insulte raciste est dans l’intention mais pas dans la banane. Vous pouvez investir ce fruit de toutes les symboliques les plus nauséabondes que vous voulez, il reste un fruit, doté d’une saveur agréable et d’un apport nutritif considérable. Le joueur a habilement et simplement transformé une agression en un don.

Il est évidemment plus difficile de désamorcer la dimension idéologique du propos assignée à ce fruit lorsque elle est utilisée contre madame Taubira, lors des manifestations contre le mariage pour tous à Angers : « C’est pour qui la banane ? La guenon mange la banane ». Il est vrai que les singes mangent des bananes, tout comme les hommes, et d’ailleurs ce n’est pas notre seul point commun puisque nous partageons avec cette espèce un passé génétique commun. Les singes évoluent et cela donne, entre autres résultats, des humains. Le mariage évolue et cela donne des mamans qui, en effet, peuvent légitimement se prénommer « Gérard ». Le vrai problème des racistes ou des homophobes, c’est l’Evolution, le dynamisme des mutations biologiques et sociétales. Bref, c’est la vie. Il se pourrait après tout que manger des bananes, ce soit pour nous une façon de célébrer cette très ancienne guenon : « Lucy », notre arrière-arrière-arrière-grand-mère à laquelle nous devons aujourd’hui notre existence et notre morphologie. Que celles et ceux qui ont lancé des bananes à Madame Taubira à Angers s’interrogent sur leurs doigts, sur les poils de leur bras, sur leurs lèvres (notre bouche et nos lèvres sont du « museau de singe retourné »), qu’ils considèrent tout ce que nous aurions à gagner à explorer encore plus profondément les structures sociales à l’œuvre dans la communauté de nos cousins, « les bonobos », et peut-être seraient-ils alors traversés de l’esprit de ce moment de pure simplicité, noble et magique, qui vit le stade de Villaréal illuminé par la finesse tactique d’un très grand footballer : « Dani Alves ».


 Dzimtry Koub et « La société du spectacle » (œuvre de Guy Debord) – Lors du match qui opposait son équipe  Trakai  à celle de Zalgiris, en Lituanie, l’attaquant Dzimtry Koub après avoir marqué un but, fonça vers les tribunes pour s’applaudir lui-même. Nous sommes tellement habitués à voir les joueurs se congratuler, lever les bras, s’empiler les uns sur les autres sur le mode « Pogo » que cette attitude suscite à bon droit notre attention, voire notre admiration. Evidemment, nous ne savons pas exactement pourquoi cet attaquant a agi de cette façon mais justement : le fait qu’il ait accompli ce geste « physiquement » fait advenir quelque chose. C’est nécessairement une façon de ramener l’événement du but à sa dimension effective qui est celle d’être un spectacle. Aussi important que puisse être ce but pour le championnat, pour mon équipe, pour ma carrière, ce qui vient d’être fait s’inscrit dans une "pseudo-réalité" dont la nature est spéculaire, c’est là ce que geste volontairement ou non, signifie. La première phrase du livre de Guy Debord : « la société du spectacle » est : « Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s'annonce comme une immense accumulation de spectacles. » C’est de toute façon un geste empreint d’une très subtile distance et d’une forme de modestie contrastant singulièrement avec les déclarations d’un autre poète : «  Zlatan ». Ces instants de grâce et de gratuité sont trop rares pour ne pas être relevés, non pas seulement parce qu’ils révèlent une authentique finesse mais tout simplement parce qu’ils sont « vrais »… « ou pas ! »
                                                                     Jared Kanjveu

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