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| La bonne nouvelle: Michel Onfray ne corrige pas la baccalauréat: il fait l'essuie glace avec ses mains plutôt. |
La première règle à bien intégrer avant de se présenter à l’épreuve de la philosophie, c’est qu’il n’existe nulle et pour personne de raison tenable de partir avant la fin de l’épreuve. Tout argument visant à défendre que l’on ait "fini" avant le terme du temps alloué est nul et non avenu (ça sert probablement à rien que je le dise mais moi, ça me fait du bien!😁). On peut tourner autour du pot, mais il est évident que tout(e) candidat(e) qui pour des raisons autres que de santé part de l’épreuve à 10h00 ou même à 11h30 n’a pas compris cette matière ni la nature de l’épreuve 🤨. Il se peut que la note ne soit pas mauvaise, que finalement la personne s’y retrouve au moment des résultats et tant mieux pour elle, mais elle sera passée à côté de la philosophie, et c’est dommage pour elle (la philosophie s’en remettra).
Ce qui vous est demandé, c’est quatre heures de concentration non-stop (ou 5h20 pour les PAP PAI), c’est à cela qu’il faut se préparer et ça suppose de ne pas venir fatigué.e.
Entrons maintenant dans l’aspect technique de la préparation à cette épreuve. Le choix du sujet est déterminant et il ne doit pas vous prendre trop de temps. Qu’est-ce qui compte?
1 - Pour les deux sujets de dissertation (Sujets 1 et 2), Avez vous d’emblée deux noms d’auteurs qui s’opposent sur le problème? Voyez vous le problème (c’est-à-dire distinguez-vous clairement les notions en jeu, et percevez vous que les différents sens de ces notions rendent la question vive, profonde, infinie, en fait? Le sujet est traitable par vous quand la réponse est « oui » à toutes ces questions.
2 - Pour l’explication de texte (Sujet 3), vous sentez vous porté.e, capable d’apporter à ce texte la valeur ajoutée de votre approfondissement, de votre regard et de votre rigueur d’analyse. Pour expliquer un texte en philosophie il y a un positionnement à adopter d’emblée et 90% (au moins) des candidat.e.s du baccalauréat qui prennent le sujet 3 partent d’emblée dans une mauvaise direction pour ne pas adopter cette situation. Il ne vous est pas demandé de partir du fait que le texte a été écrit et de rajouter dessus une couche de « commentaire » style « l’auteur dit que » (la personne qui corrigera votre copie sait lire). Ce qu’il s’agit de produire, c’est d’expliquer comment et pourquoi ce texte est là, de saisir le texte dans toute la démarche au terme de laquelle seulement il a été rédigé. Il ne faut pas vous situer « après » son écriture mais « pendant », voire « avant ». Comment peut-on expliquer le mouvement suivi pour que ce texte soit ? C’est la genèse d’un texte, sa création avec laquelle il faut être en phase, et pas du tout son débriefing, ou son « après coup ». Il n’est pas question de dire: on peut lire ça comme ça ou alors comme ça…Non! Il faut se mettre à la place de l’écrivain.e être son co-auteur ou sa co-autrice. Il ne vous est pas demandé de prendre acte que le texte « est », mais de le prendre suffisamment à votre compte pour vous situer dans le mouvement même au fil duquel il a vu le jour. Ça change considérablement le positionnement et cela évite la paraphrase (qui constitue malheureusement 90% des productions habituelles)
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| Euh....ça va Michel? Tu souris sûrement...Mais pas dans ce monde là! |
Ce qu’il vous faut travailler dés à présent, c’est votre aptitude à vous donner les moyens d’écrire sur votre feuille d’examen en sachant où vous allez, en ayant un plan suffisamment performant pour vous assurer durant tout le temps de la rédaction que vous n’êtes pas en train de partir en vrille. Qu’est ce que ça veut dire performant? Deux choses:
- vous traitez le sujet
- Vous progressez en allant du plus simple au plus complexe et subtil
C’est évidemment particulièrement déterminant pour les sujets 1 et 2 car le plan dépend exclusivement de vous. Trois éléments sont décisifs ici:
- la capacité de prendre le sujet avec neutralité, voire innocence, de se rendre néophyte, de se garder une sorte de naïveté pour faire comme si le sujet vous tombait dessus. C’est assez étrange mais il est possible que cette phase soit vraiment révélatrice de perspectives nouvelles et cela vous aidera pour l’introduction
- Les références d’auteurs (c’est un peu le contraire du mouvement précédent). Il est évident que ces auteurs joueront un rôle essentiel dans le plan, parties et sous-parties.
- La dernière partie est donc cruciale: elle peut porter l’empreinte d’une adhésion plus forte de votre côté à condition qu’elle soit justifiée, qu’on perçoive pourquoi la protée de l’argumentation est plus forte que pour les deux premières parties. Peut-être tels ou tels auteurs vous ont-ils davantage convaincu que les autres, mais pourquoi? Parce que leurs thèses sont plus approfondies, plus difficiles. Il est réconfortant de savoir vers quelle conclusion vous vous dirigez, cela oriente vos efforts dans une direction efficace. C’est comme une randonnée dont vous avez l’itinéraire dans la tête (si vous ne savez pas, vous allez improviser et ce n’est pas idéal)
Pour le texte, le plan vous est suggéré par son développement linéaire mais ce n’est pas pour autant qu'il faut le négliger. Distinguer le plan d’un texte n’est pas évident, il faut se rendre attenti.ve.f aux paragraphes, aux connecteurs logiques, comprendre ce que l’auteur fait à tel moment à tel autre, etc. De plus certains passages vous apparaîtront comme plus propice que d’autres à des explications ayant trait à d’autres auteurs. Il faut marquer tout cela et ne pas vous embarquer dans l’écriture de votre copie d’examen sans savoir TRES PRECISEMENT ce que vous allez faire. Il faut travailler dés à présent sur des sujets extraits des annales votre aptitude à rédiger des plans détaillés, y compris pour le texte. Dans l’idéal, la lecture de votre plan doit vous réjouir, vous donner envie de donner de la chair à ce squelette. Cela vaut la peine d’y passer du temps, d’y placer toutes les références qui vous semblent indispensables, de bien vérifier que chaque partie et sous partie apporte quelque chose de plus ou de contradictoire à la précédente. Si 0 10 heurs vous n’avez pas encore commencé à écrire sur la copie mais vous disposez d’une introduction et d’un plan très détaillé, c’est bien. Mais il faut s’y coller maintenant, sans attendre.
La clarté graphique de votre copie est un élément déterminant de la notation et c’est justement pour cela que le plan est essentiel. Il va de soi que vous faites un alinéa à chaque partie et sous partie (vous pouvez même sauter une ligne pour que cela soit plus clair). Mais vous pouvez dans une sous partie rédiger plusieurs paragraphes (dés qu’une idée nouvelle et qu’une nouvelle référence est utilisée il faut changer de paragraphes (pour les références, cela peut éventuellement dépendre de l’importance que vous lui accordez, cela dit citer une référence en ne lui accordant qu’une ligne est désinvolte et n’augure rien de bon quant à son utilité ). Une copie sans espace ni ligne sautée est irrespirable et indigeste: elle atteste d’une faiblesse de plan, voire de son absence pure et simple).
N’utilisez JAMAIS de blanc (faites des ratures si nécessaire) et essayez d’écrire le plus lisiblement possible. Soulignez les références d’auteurs et d’oeuvres. Une remarque s’impose et il convient que vous compreniez qu’elle n’est pas contradictoire avec tout ce qui a été dit sur le plan. Quand vous rédigez sur votre copie, vous utilisez une main connectée à votre esprit, une main pensante. Vous êtes une pensée incarnée dans un corps et plus précisément dans une main qui dessine des lignes sur une feuille. C’est ça composer (et c’est génial). Si votre concentration est bien ce qu’elle doit être, il est évident que de nouvelles idées, références, de nouveaux exemples vont vous venir en cours d’écriture et il y a de grandes chances que ces idées soient bonnes, meilleures que celles qui vous sont venues à 8 ou 9h. Il faut donc qu’elles soient dans votre copie.
- Mais ça chamboule mon plan
- Tant mieux!
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| Mon plan B: aller voir un autre film |
La conclusion peut être rédigée assez rapidement surtout si vous êtes totalement impliquée dans la dynamique d’écriture. On n’écrit pas une bonne copie de philosophie sans un minimum d’intensité, voire d’ébullition. Ce mouvement devrait vous guider pour rédiger une conclusion qui reprend les articulations cruciales et qui se termine par ce que développe votre dernière sous partie de votre dernière partie.
Vers 11h, 11h15, il faudra suspendre un moment votre rédaction regarder votre brouillon, mesurer le temps qu’il vous reste et éventuellement remodeler votre plan pour faire place à des références ou arguments absolument fondamentaux selon vous. Ce qui décidera de votre note finale hormis le traitement du sujet évidemment, c’est la qualité de votre argumentation et l’ordre structuré de vos parties…Le plan donc! Pour l’explication de texte, c’est la plus value de votre copie par rapport au texte: avez vous pu rendre compte de son existence et de son déploiement, de son ordre? Avez vous utilisé des références qui permettent de saisir pourquoi il a été écrit? Le plan est donc également essentiel.
Il faut dire (encore) un mot sur l’analyse des notions. C’est tjrs simple, pour les correct.eur.trice.s, il y a deux types de copie, celles qui n’envisagent à aucun moment de traiter vraiment un sujet et qui vont enchaîner les clichés, les lieux communs, les opinions toutes faites, les préjugés (et qui très probablement se sont fortement en cours). Ces copies se font immédiatement remarquer par leur précipitation à se jeter dans un sujet non compris, non problématique, non analysé. Cela se voit (VRAIMENT) tout de suite.
L’autre type de copie sait que le sujet est donné pour que l’on approfondisse le problème qui s’y trouve contenu. Ce problème vient non seulement de l’ambiguïté d’une notion et éventuellement de la confrontation entre deux notions interrogées mais aussi du fait que ces notions sont plurivoques, qu’elles revêtent plusieurs significations. Par conséquent elles ne se jettent jamais dans le sujet sans 1) l’avoir problématisé, et donc avoir mis à jour cette plurivocité de sens (et cela dés l’introduction) et même éventuellement avoir approfondi cette première problématisation par une analyse plus poussée dans un paragraphe qui suit directement l’introduction (que nous demande-t-on exactement? En quoi consiste vraiment le problème dés lors que l’on a mis à jour l’ambiguïté des notions, et de la question?).
Plus vous passez du temps à vous demander précisément en quoi consiste la question, pourquoi elle est si prenante, difficile, embarrassante, plus vous êtes en train de progresser dans la copie. Les pires copies de philosophie sont celles qui « disent des choses » sans traiter un sujet. De ce point de vue, un stylo qui écrit trop vite et une main qui se laisse aller à simplement noircir de la feuille sont très suspects. Vous devez écrire dans l’épaisseur d’une certaine résistance du problème et cela impose qu’une aiguille questionneuse soit fichée dans votre pensée tout le temps de l’épreuve: pourquoi suis-je en train d‘écrire cela? La dynamique de ma pensée est-elle vraiment portée, travaillée par le problème, par le texte ou suis-je en train de simplement « dire des trucs »? Soutenez cette vigilance qui vous maintient continuellement dans une certaine difficulté, dans une tension, dans un approfondissement constant, dans la recherche de la formule juste, ciselée, adéquate, et il est impossible que vous vous égariez. Cela peut vous apparaître comme un effort, une attention, et c’est bien le cas mais c’est aussi le seul fil d’Ariane qui vous permet de sortir du labyrinthe du Minotaure. Quelque chose en vous le sait bien et le reconnaîtra au fil de l’écriture de votre excellente copie.


















