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mercredi 27 mars 2024

Terminales EMC 2 / 3: prestation orale ou vidéo pour le 02/05



Il s'agit de concevoir une prestation orale type concours d'éloquence, ou une vidéo dont la durée ne dépassera pas 5 minutes chrono sur l'un des sujets suivants (ou un autre de votre cru dont vous m'aurez informé préalablement). Si vous choisissez une vidéo, vous n'êtes pas obligé.e d' y apparaître en personne. Par contre il sera évidemment nécessaire de traiter le sujet en usant de tous les registres qui vous semblent opportuns et en évitant évidemment tout contenu de haine ou propos visant à discriminer. Les premières prestations ou vidéos sont présentées le 02 mai prochain (de nouveaux sujets s'jouteront à la liste avant les vacances de Pâques).

  1. La femme est-elle l’avenir de l’homme?
  2. De quoi peut-on parler avec un animal domestique?
  3. Est-il parfois raisonnable d’avoir tort?
  4. Influencer peut-il être un métier?
  5. Peut-on faire un selfie à Auschwitz?
  6. Le pire est-il à venir?
  7. A quoi servent les interdits?
  8. Tout n’est-il qu’éternel retour?
  9. Faut-il attendre la réciprocité dans les relations amoureuses?
  10. Suis-je le mieux placé pour parler de moi?
  11. Avons-nous quelque chose à attendre de l’existence?
  12. Que méritons nous?
  13. Faut-il vivre caché.e pour vivre heureux?
  14. S’excuser: est-ce un signe de faiblesse?
  15. A quoi reconnaît-on qu’un être est humain?
  16. Y’a-t-il de l’insignifiant?
  17. Y-a-t-il du mal à espérer du mieux?
  18. La jeunesse est-elle une question d’âge?
  19. La vie est-elle « trop mortelle »?
  20. Peut-on gagner du temps à regretter?
  21. Sommes nous dans le multivers?
  22. Si la vérité pouvait se dire, serait-il exclu qu’on en parle?
  23. Tout est-il bien venu?
  24. Puis-je vraiment tout entendre?
  25. La maladie est-elle l’affaire du médecin?
  26. Y-a-t-il plus grand plaisir que de remettre à plus tard?
  27. Sommes nous fait.e.s pour être commandé.e.s?
  28. Le féminisme est-il une question d’aujourd’hui?
  29. La proximité du pire nous rend-t-elle plus philosophe?
  30. Le lycée nous apprend-t-il quelque chose?
  31. L’âge des humains est-il achevé?
  32. Peut-on se satisfaire d’avoir vécu?
  33. Gagne-t-on nécessairement quelque chose à être aimable?
  34. Faut-il faire le premier pas?
  35. Avons-nous perdu quelque chose lors du confinement?
  36. Y’a-t-il du vital?
  37. Peut-on faire de son existence une dissertation de philosophie sans référence philosophique?
  38. De quoi faut-il peupler sa solitude pour ne pas se sentir isolé.e?
  39. Faut-il rester anonyme ou clamer son nom?
  40. Faut-il s’interdire d’avoir des enfants? 
  41. Faut-il toujours chercher des histoires?
  42. L’honneur est-il une préoccupation d’un autre temps?
  43. Faut-il choisir son addiction?
  44. Toute expérience est-elle fructueuse ? 
  45. Peut-on rater sa journée à cause d’un excès de sucre?
  46. Les personnes sarcastiques essaient-elles nécessairement de cacher quelque chose?
  47. Peut-on dire de l’esprit critique sur les réseaux sociaux  la même chose que les chaussettes à la machine: ça disparaît faute d’attention? 
  48. Peut-on mettre sur le même plan la question du réchauffement climatique et celle de l’ananas dans la pizza hawaïenne ?
  49. S’il était avéré que les plantes ont une conscience, laisserez vous votre ficus à sa place habituelle?
  50. Les objets que nous utilisons tous les jours ont-ils une vie secrète? 
  51. Peut-on se dire systématiquement sans opinion quel que soit le sujet du sondage?
  52. De quoi pouvez vous vous passer?
  53. Augmenter l’espérance de vie: est-ce un progrès pour tout le monde?
  54. Le propre de l’humain est-il de ne jamais brancher une clé USB dans le bon sens, au premier coup ? 
  55. Accorderiez vous une seconde chance à un GPS qui vous a déjà trompé?

mercredi 15 novembre 2023

Terminales 2 / 3 - EMC: Le regard d'un film (pour le 14/12/2023)




Vous choisirez un film traitant un problème de société et le présenterez à vos camarades lors d’une prestation orale pouvant durer de 10 à 20 minutes au cours de laquelle il sera question pour vous de:

  1. Donner quelques brèves indications sur le réalisateur, l’année de tournage, éventuellement les acteurs principaux (très rapide), le synopsis du film mais plus précisément sur ce que l’on peut appeler les options ou les choix préalables du cinéaste. Il est question ici d’exposer « l’angle de vue », la perspective choisie pour entrer dans une question qui concerne tout le monde. Cela peut aussi avoir trait aux choix techniques de l’auteur, à sa « caméra » si l’on peut dire, à son rythme. Bien que des considérations formelles, propres aux techniques cinématographiques, puissent ici être évoquées, il convient de ne jamais totalement abandonner le fait que ce film vous a fait de l’effet, vous a touché, ému, révolté, impacté et qu’il est simplement affaire par cet exercice de détailler le « comment », de saisir sa puissance de mobilisation, de focalisation sur une question dont nous entendons parler dans les médias, que nous approchons dans notre existence quotidienne mais qui va gagner dans cette action d’être filmée une puissance de réalisation, de compréhension, éventuellement de conviction (au sens où la vision du film vous a convaincu d’une thèse - c’est le mot important ici: il faut choisir des « films à thèse ») . A la fin de cette introduction il convient d'exposer le plus clairement possible ce que l’auteur entend affirmer par la réalisation de ce film et en quelques mots, la façon dont il s’y prend pour le faire.
  2. C’est justement dans cet esprit (comment il fait?) que vous choisirez alors une, deux ou trois séquences au maximum dont on pourrait dire qu’elles constituent votre montage d’un film (qui est déjà en lui-même un montage - Il s’agit de faire un montage dans un montage, en fait, un cut-up).  Une même idée suit son chemin dans cette scène (ou dans ces deux, trois scènes) et c’est cela qui va animer votre présentation. En quoi peut-on dire que ces séquences et les liens que l’on peut faire entre elles sont des passages dans lesquelles la thèse défendue par l’auteur se déploie et gagne en puissance. Dans cette analyse, il n’est pas question de décrire seulement ce qui se passe du point de vue du scénario. Pourquoi seul, le cinéma peut-il faire ça? Si cela n’apparaît pas, c’est très mauvais signe notamment par rapport à la qualité du film choisi. Il convient d’insister sur ce qui manifeste un regard voire une intention, une volonté de provoquer un effet. Tout film est un regard (celui du réalisateur) qui travaille votre regard et dans la pleine compréhension de ce mécanisme qui est celui-là même du cinéma, il s’agit donc pour vous de relever tous les procédés utilisés par l’auteur pour agir de la façon la plus directe, la plus brute sur ce que que c’est « regarder » pour un spectateur.  Vous avez été convaincu.e par ce film, mais pour autant vous n’êtes pas dupe de toutes les méthodes, de toutes les techniques, de tous les choix scénaristiques utilisés par l’auteur pour parvenir à ce but, et c’est là-dessus que vous allez insister. Plus vous serez capable de relier dans cette analyse ces ressorts et les effets qu’ils produisent sur le spectateur, plus vous serez dans l’esprit de cet exercice. En d’autres termes, cela réclame de votre part à la fois un regard assez froid pour détecter ces ressorts (cela suppose évidemment que vous avez regardé ce film plusieurs fois) et en même temps un intérêt authentique, un goût , voire une passion à l’endroit de cette oeuvre. Il est quand même bel et bien question de nous faire partager (intelligemment) un engouement, une puissance de séduction du film.
  3. C’est sur ce dernier aspect que se concentre le troisième moment de cette prestation dans lequel vous insisterez davantage sur « vous » et sur le problème de société dont il est question dans le film. Il ne s’agit pas du tout de faire référence à sa vie personnelle mais, pour autant, de ne pas hésiter à évoquer et à justifier la thèse défendue par l’auteur dans laquelle vous vous retrouvez, et cela aussi bien dans ce qu’elle dit que dans la façon dont elle a été déployée. Il convient ici de souligner l’habileté du ou de la cinéaste et de bien faire remarquer que le film aurait été moins réussi si l’auteur.e n’avait pas été aussi convaincu.e de cette thèse.  C'est probablement dans cette étape qu'il importe d'insister le plus sur la thèse elle-même.   Etait-elle convaincante pour vous, AVANT d'avoir vu ce film? Si la réponse est oui, dites pourquoi, et si la réponse est non, terminez en évoquant de la façon la plus précise ce qui fait de cette oeuvre une magnifique machine de mobilisation en faveur de la prise de position affirmée.

mercredi 25 octobre 2023

EMC Terminale 3 - Faut-il supprimer les notes? de Diane Kalinski



 6 ans. 

J’ai 6 ans à peine et je viens de découvrir la classe de CP de Mme Foufé à l’école Jules Ferry de Saint Parres aux Tertres. On est mercredi et mamie vient me chercher à midi. Elle me tend les bras « alors ma poussinette, ça se passe bien l’école ? ». 

Je m’apprête à lui raconter le jeu du loup, les superbes tresses à 3 brins de Margot et Erwan qui pue des pieds quand il met ses chaussons… mais mamie ne m’en laisse pas le temps, elle embraye : « tu as eu de bonnes notes ? »

J’ai compris ce jour-là que la note est à l’élève ce que le salaire est à l’ouvrier. D’ailleurs ne dit-on pas bulletin de notes comme bulletin de salaire ?

A ceux qui les remettent en cause, l’institution affirme son credo : Les notes sont un instrument d'évaluation. C’est simple, mathématique, impartial et incontournable.

L’avez-vous remarqué mes amis ? Qu’il adopte une posture motivante ou menaçante, chacun de nos 7 professeurs au sein de ce prestigieux lycée nous a accueilli en cette rentrée 2023 par sa petite injonction du genre « on vise le 18 » , « votre moyenne sera décisive sur ParcourSup » ou encore « Vous savez quel est le coefficient de la matière au bac ? ».

L’enseignant est pardonnable, il est moulé à la louche de l’égalité républicaine et lui, quand il prend sa température, ce n’est pas au niveau rectale mais rectorale.

Sauf qu’égalité n’est pas synonyme d’équité et que les exercices les plus standardisés et les barèmes les plus pointilleux ne mesurent pas les acquis comme le thermomètre mesure la température (la frontale, ça marche aussi).

Le simple fait qu'un travail soit noté ou pas a un impact fondamental sur notre motivation d’ados sensibles. 

Ajoutons que certains professeurs ne rougissent pas des mauvais résultats de leurs élèves et entretiennent leur notoriété d’être un enseignant qui tire ses élèves vers le haut par des exigences himalayesques.  Pour eux le message est “ Vous avez eu 05/20 à votre contrôle parce votre niveau est insuffisant ou parce que vous avez révisé sans chercher à approfondir. Heureusement, je suis là et je vais vous apprendre à vous dépasser pour mieux affronter la vraie vie”.

J’entends déjà l’implacable rhétorique de l’enseignant vieille école: « Allons donc jeunes gens, c’est du mérite scolaire qu’il s’agit et il est capital d’assurer l’impartialité de l’évaluation. Sans notes fiables, objectives, certifiées par l’institution, un diplômé ne vaut rien. » …. Oubliant au passage d’ajouter que sans diplôme, nos élites auraient, pour la plupart, bien du mal à justifier leur position.


L’attachement à la note chiffrée tient dans notre pays à des vertus pédagogiques sacralisées par la tradition. On nous l’a bien expliqué, les notes sont là pour nous aider à progresser, Elles nous permettent d'avoir des repères sur ce que nous savons faire ou non.

Cette défense de la tradition de la note soulève en fait 2 questions : 

La première question est d’ordre pédagogique : Contrairement à une opinion largement répandue, les pratiques ordinaires de notation exercent des effets globalement négatifs sur les apprentissages et sur les inégalités sociales de réussite. C’est scientifiquement démontré !

La seconde question est de type historique. Notre fameuse note sur 20 tricolore n’a pas toujours existé. D’autres pratiques d’évaluation ont précédé. 

Alors quelles dynamiques sont à l’origine de l’invention de la note ? En quoi éclairent-elles les polémiques sur les pratiques d’évaluation des élèves et plus particulièrement l’opposition récurrente entre l’évaluation chiffrée et l’évaluation par compétences ?

Si…allons, l’évaluation par compétences…. Ça ne vous dit rien ?

Vous savez bien, sur Pronote ; Certains l’ont expérimenté au collège. Une liste longue comme le bras de compétences détaillées et concrètes qui forme pour nous, jeunes français notre « socle commun de connaissances, de compétences et de culture ».

Au bout de chaque ligne, un petit point vert, jaune ou rouge pour situer le degré de maitrise de l’élève. « vert c’est acquis » . Rien à voir avec un 20 sur 20. C’est acquis. On sait faire. C’est tout. A-CQUIS !


Qui parmi vu a déjà entendu sa mère ou son père lui demander « Alors Jeremy, comment tu te situes sur la compétence  « Reconnaître, nommer et décrire les figures planes et les solides usuels » ? 

Pour nos pauvres parents de la génération eighties élevés au biberon du matérialisme et de course à la réussite, c’est quand même plus simple de demander « t’as eu combien en géométrie ? »

Les petits points verts et rouges ont du mal à faire recette…

En 2013, l’Inspection générale indiquait je cite que « le Livret Personnel de Compétences (le LPC) était vécu par les enseignants comme une forme de gadget et de lubie institutionnelle ». 

Dans les fait il a souvent été adopté par les professeurs pour la forme…. Mais quasiment tous ont continué à utiliser les fameuses notes comme seul véritable système d’évaluation …  par habitude et réticence face à la nouveauté.

 Au final, le ministre de l’Éducation nationale a considéré que le Livret de compétences  était un « casse-tête stérile » et annoncé sa simplification.

Evaluer des compétences demande au professeur d’apprécier finement l’évolution de chaque élève. C’est un travail long et exigeant mais qui à la fin propose un tableau nuancé et évolutif d’un jeune en devenir.  Tout l’inverse de la note sanctionnante et définitive.

On pourrait dire que le livret de compétence est à la note ce que le portrait est au smiley.



Mais bon…. exit les compétences…  reste la note. Celle qu’on rapporte à la maison comme on rapporte un salaire alors que nous savons, nous, que notre vraie motivation est liée au plaisir de la réussite et pas à un 18/20… et que l’un des facteurs de cette motivation se trouve dans le sens que nous donnons à nos apprentissages.

Alors les notes comme moyen de nous stimuler oui, mais pas seulement.

La pression et la compétition générées par les notes relèvent d’une motivation extrinsèque qui fait naître davantage de stress que d’envie.

Il ne faut pas oublier de donner du sens. C’est pour cela que nos professeurs doivent soigner leurs appréciations. Elles sont essentielles pour compléter l’inévitable note, la préciser et qui plus est, elles s’adressent directement à nous.

Pour conclure, camarades ouvriers de la note, levons nous pour faire valoir nos compétences, oublier la toute-puissance de la note, et demain la sérénité sera le genre lycéen !





dimanche 22 octobre 2023

EMC Terminale 2 - Naître femme: est ce un châtiment? de Faustine Barraux


Depuis le début de la création de l’Homme jusqu’à aujourd’hui, la femme est représentée comme inférieur à l’homme. Eve a été modelé à partir d’une cote d’Adam, elle n’est que l’expansion de l’homme, elle n’est qu’une création secondaire, seulement représenté comme sa compagne, rien d’autre. A cela s’ajoute que, c’est un être sujet a la tentation, à la curiosité transgressive et une tentatrice et fautive de la chute de l’Homme. La conséquence est terrible : compagne seconde et défaillante de l’homme, Eve reçoit la plus grande part des malédictions.

La femme nait dans un monde qui au départ ne lui laisse aucune chance, aucune place. Elle doit dès le début faire ses prouesses pour finalement peut être être accepter.

Un homme vous dira qu’être homme, est plus de responsabilité et même d’avoir une plus grande pression de réussir car selon eux « Les hommes se doivent de réussir leur carrière au dépourvue de ne pas avoir accomplie leur devoir ». Mais être une femme est plus complexe que cela. Quand on est une femme nous devons être intelligente mais pas trop, pour ne pas faire de concurrence aux hommes, nous devons plaire mais modérément car sinon nous sommes des femmes tentées par le plaisir, nous devons être des bonnes mères, des bonnes épouses, une carrière tout cela en ne pas oubliant de se négliger. Vous l’aurez compris en tant que femme il faut constamment sur prouver ses compétences et techniques pour essayer d’avoir une place au sein d’une société d’homme et dirigé par des hommes. 

Nous sommes seules face aux difficultés de la vie, de notre vie de femme, une vie périlleuse ou nous devons se battre pour imposer nos choix, nos désirs et nos envies, pour avoir la vie que l’on souhaite, le métier que l’on souhaite. Il nous faut trouver une force chaque jour pour ne pas se laisser abattre, laisser les stéréotypes nous dicter nos actions et nos pensées. 



Mais finalement qu’est ce qu’un châtiment ? Un châtiment est une punition souvent physique. Or la femme n’est pas punie puisque c’est par hasard que nous sommes homme ou femme, personne n’a condamné notre âme à s’incarner en femme. Ce n’est pas un châtiment puisque ce n’est pas une épreuve physique. Cela ne fait pas mal d’être femme en soi, c’est la société qui violente les femmes et non l’être même de la femme qui lui fait mal. 

Ce n’est pas être femme qui est source de douleur mais c’est d’être traité de manière inégale qui blesse.


Faut-il même regarder les douleurs de l’enfantement comme une punition divine ?

D’abord nous ne sommes pas obligés de croire en Dieu et donc l’idée de punition divine. Ensuite, on peut tirer de la joie de la condition physique de pouvoir enfanter. On devrait être fière et non honteuse de pouvoir donner la vie, quitte à souffrir. Car ce n’est qu’une douleur passagère et donc l’enfantement est sans souffrance véritable, il est un don seulement féminin.

Être une femme c’est une force inépuisable, un flux, une source qui nous maintient.




vendredi 20 octobre 2023

EMC Terminale 2: Qu'y-a-t-il à déplorer de la coupe du monde au Qatar? - Salomé Millot


 

Vendredi 16 décembre 2022, Gianni Infantino, le président de la Fifa, déclare que la coupe du monde de football au Qatar est « la meilleure de tous les temps. » Pour lui, la coupe du monde a été, je cite, « un vrai succès sur tous les fronts ».

« Le vrai succès sur tous les fronts de la coupe du monde au Qatar ». Je crois qu’il n’y a rien de mieux pour nous mettre en jambe que ces belles paroles.

La coupe du monde au Qatar, vous en avez forcément entendu parler. Et peut-être que tout ce que vous y voyiez, c’est la défaite de la France en finale. Mais honnêtement, moi le football c’est pas trop mon truc… - et je pense que ça se voit à la carrure… - alors, je ne viens pas tout à fait vous parler de ça. Je viens plutôt vous parler de tout ce qui est tombé aux oubliettes, dès lors du commencement de ce Mondial 2022.

Qu'y a-t-il à déplorer de la coupe du monde au Qatar ?



Eh bien, tout d’abord, penchons nous sur la simple question de : Pourquoi le Qatar ?
Le Qatar, en 2010 (c’est-à-dire l’année de la prise de décision), est un pays qui ne possède ni les infrastructures, ni la capacité nécessaire pour accueillir une coupe du monde. A cette époque, la Fifa juge d’ailleurs sa candidature à « haut risque », et comme étant la pire de tous les pays candidats. 
Alors quelle fut la surprise quand elle fut admise avec 14 voix en sa faveur sur 22 !

Renversement de situation surprenant dont les sources seront dévoilées quelques années plus tard ; des stratégies de corruption de la part du Qatar, concernant un panel de participant.es assez large : les personnalités publiques, les dirigeants du football, la Fifa, et même tout particulièrement la France ! Avec la signature « d’accords secrets » à l’Elysée sous le mandat de Nicolas Sarkozy, dont je vous passerai les détails.

Bref, voilà une affaire qui fait déjà ses preuves en matière d’honnêteté, hein.

L’ancien président de la Fifa en dira que : « C’est la première fois qu’une intervention politique a changé une grande décision du football ». Retenez bien cette citation car des années plus tard, on entendra Emmanuel Macron affirmer qu’il « ne faut pas politiser le sport ! ».

Alors, il ne faut pas politiser le sport…
… jusqu’à ce qu’il assiste au dernier match en tribune, et qu’il descende sur la pelouse pour réconforter les joueurs face à la défaite. 
Ne pas politiser le sport… jusqu’à la finale ! Bah oui, quand même !
Bon, passons. 

Jupiter sans la foudre

Poursuivons donc sur cette question de l’honnêteté, avec la légende de la « neutralité carbone » du Qatar ; « neutralité carbone » qui consistait à compenser les émissions de CO2 par cette coupe du monde… Un greenwashing absolu. 
En effet, le Mondial 2022 au Qatar, c’est d’abord la construction de sept nouveaux stades dans le désert ; stades à ciel ouvert, et climatisés. Ben oui, il fait chaud dans le désert. Alors il faut trouver des solutions…
Pour avoir un ordre d’idées, d’après une méthode de calcul avantageuse de la Fifa, cela correspondrait à une émission de 206,000 tonnes de CO2 ; d’après une étude objective de l’ONG, l’émission s’élèverait plutôt autour des 1,6 millions de tonnes, soit environ sept fois plus. Bon.

Mais le Mondial 2022 au Qatar, c’est aussi se rendre compte que le Qatar, c’est un petit pays, qui n’a pas la capacité requise pour accueillir plus d’un million de supporters. 
Bon… qu’est-ce qu’on fait du coup ? Eh bien, on met en place des paquebots-hôtels pour pouvoir les loger, terribles sur le plan écologique. Mais un million de supporters, c’est quand même beaucoup, et cette histoire de paquebots-hôtels, ça ne suffit pas. Donc, on s’accorde avec les pays voisins pour que ceux-ci logent les supporters. Et comment se rendent-ils dans ces pays voisins ? Eh bien, grâce à un système de navettes, avec sur plus d’un mois, les vols de 2,000 avions par jour. 

Bref, un bilan carbone alarmant, un désastre environnemental et effectivement, bravo, un record battu. « Un vrai succès sur tous les fronts ». Et vous n’êtes pas au bout de vos surprises.


Jupiter sans chichi (il est comme ça Jupi!)


Parce que maintenant que le compte est bon, que les plans des stades sont faits, il faut les construire. Et pour cela, il faut du monde. Ce monde-là, le Qatar sait où le trouver ; il fait appel à, sur dix ans, plusieurs centaines de milliers de travailleurs.euses migrant.es, particulièrement d’Asie du Sud. Mais alors que le pays fait affaire de son côté, on se rend rapidement compte qu’on aurait peut-être dû se poser avant la question du droit travail au Qatar (avec le bon espoir que nous nous sentons un tant soit peu concerné.es).

Les conditions de vie de ces exploité.es du Qatar, c’est quoi alors ? 
C’est la privation de leur passeport à leur arrivée pour que le retour chez elleux soit impossible.  Ce sont des dortoirs surpeuplés, sans eau, ni électricité. Ce sont des travaux forcés sous 50 degrés plein soleil sur les chantiers, douze heures par jour, sept jours sur sept.



Alors, vous l’imaginez bien, par extension, ce sont des lésions physiques terribles, et ce sont des décès. On parle, aujourd’hui, d’un bilan inestimable de plusieurs milliers de travailleurs.euses migrant.es décédé.es sur le chantier, dans ces conditions déplorables. 
Après c’est une estimation… par exemple, le Qatar lui en reconnaît 37 ! Ouais, bon, notifions l’effort…

Bref, dans cette allégresse de la coupe du monde, les pauvres crèvent sur la construction d’édifices pour que les milliardaires jouent au ballon dedans. Mais rassurez-vous ! Pour veiller au maintien de ce succès, le Qatar a communiqué quelques règles à respecter très strictement, au risque de finir sept ans derrière les barreaux quand même. Des règles donc, sur la sécurité, contre la criminalit… eh bien non, j’ai mal lu… Alors, reprenons ; si tu es une femme qui vient assister au Mondial, si tu portes un débardeur, une jupe au-dessus du genou, un décolleté ou un vêtement moulant, tu prends sept ans. Idem si tu es un homme homosexuel, et que ça se voit.

Voilà… de quoi se sentir en sécurité, finalement.

On notera tout de même la tentative du port du brassard aux couleurs du drapeau LGBTQ+ par les capitaines de certaines équipes en opposition aux discriminations homophobes du pays, balayée la veille du Mondial par la sanction par un carton jaune de la Fifa. A la probable grande satisfaction d’Hugo Lloris, qui avait d’ores et déjà affirmé qu’il ne le porterait pas personnellement, avec pour argument qu’il faut « respecter la culture du Qatar. » C’est vrai que bon, après tout, les gens amoureux qui se font traquer et emprisonner, c’est déjà pas une priorité dans le monde, alors encore moins dans celui du football. Petite pensée au PSG qui s’est très récemment vu sanctionné par la participation de ses joueurs à des chants homophobes… Enfin, soit. Après tout, les chants homophobes, ça fait partie intégrante du folklore du football. Ca aussi, c’est d’Hugo Lloris. Il en dit du bon, cet Hugo Lloris.



Reprenons. S’ensuivent alors toutes ces années de construction. Et enfin, 2022, la coupe du monde commence ! Fantastique !
Et de façon assez prévisible, pour une question de bonne conscience probablement, on s’octroiera le droit de fermer les yeux sur les points précédents. Parce que c’est finalement la meilleure façon d’esquiver la culpabilité, et de mettre à part la réalité le temps d’un tournoi.

Mais peut-on réellement mettre à part ?
Dans quelle mesure peut-on mettre de côté un tel mépris des droits humains et de la planète au nom du sport ? 

C’est vrai que c’est une question qui, dans cette ambiance festive à laquelle on a eu droit, n’a pas tellement eu lieu de se poser pour tout le monde. Mais la fête étant finie, je pose maintenant la question ; aux gouvernements qui ont validé ce Mondial, et qui ont parfois cédé à la couleur de l’argent. A la Fifa, pour les exactes mêmes raisons. Aux médias, ceux qui ont diffusé l’avancée du tournoi en effaçant le reste, et en manquant à désinformant sur la situation. Et enfin, tout simplement, à toutes celles et ceux que j’ai vu partager l’allégresse de cette coupe du monde en fermant les yeux sur le reste. 

Le propos n’est pas ici de suggérer qu’éteindre sa télévision chez soi aurait pu sauver des vies innocentes, ou encore refroidir la planète. Le propos est qu’il est strictement impossible de célébrer ce Mondial 2022 en le dissociant de tout l’engrenage du massacre capitaliste qui gravite autour.

L’oubli, c’est peut-être finalement ce qu’il y a de plus déplorable dans cette histoire de coupe du monde au Qatar.
Et en fait, c’est à peu près tout ce que l’on peut défendre à notre petite échelle.

Alors retenons. N’oublions pas.

 Jupiter et Mbappé pleurent ensemble les ouvriers migrants décédés sur le chantier