dimanche 1 mars 2026

EMC Secondes 6 / 8 - 1ere 5 - Terminales 1/2/4/5/6/7 - Concours d'éloquence


 Le troisième et dernier exercice de cette année en EMC va consister à prendre la parole devant vos camarades pour traiter en 5 minutes l'un des sujets suivants:

  1. Le bonheur n’est-il qu’un hashtag éphémère?
  2. Faut-il jeûner le 24 décembre?
  3. Les files d’attente sont-elles des exercices Zen?
  4. Que faire de ses ex?
  5. Le lundi matin devrait-il  être férié? 
  6. Peut-on vraiment aimer son prochain comme soi-même sans qu’il y mette un peu du sien? 
  7. Y-a-t-il forcément mieux à faire ailleurs qu'ici?  
  8. Peut-on être intelligent.e sans être cultivé.e?
  9. Tout a-t-il un prix?
  10. Peut-on en rester là?
  11. Avons nous une âme soeur?
  12. Faut-il fêter la saint Valentin?
  13. « Je dis ça, je dis rien »
  14. Un artiste est-il un « bon à rien? »
  15. Que faut-il réécrire de l’Odyssée d’Homère? 
  16. Faut-il se guérir de la passion? 
  17. Sisyphe est-il heureux? 
  18. Sait-on ce qu’on fait quand on fait un enfant? 
  19. Je sais pas si tu vois?
  20. Nos parents sont-ils des personnes fréquentables?
  21. Y-a-t-il vraiment des questions sans réponse?
  22. Qu’apprend-t-on au lycée?
  23. Faut-il être « sans opinion »?
  24. Peut-on préférer la sorcière à Blanche-Neige?
  25. Le retard peut-il être une vertu?
  26. Sommes nous toutes et tous égaux? 
  27. Que dire à celles et ceux qui se sont faits tout seul.e.s? 
  28. Y-a-t-il des personnes de confiance? 
  29. L’amour ne suffit pas
  30. Que ferions nous d’une seconde vie?
  31. Y-a-t-il un dernier homme?
  32. Peut-on faire mieux?
  33. Faut-il renoncer à son droit de naissance? 
  34. « Ça va sans dire »
  35. Faut-il se méfier de la foule?
  36. Faut-il défendre sa langue maternelle? 
  37. Sommes nous entré.e.s dans la post-vérité? 
  38. Pour finir en beauté faut-il commencer dans la laideur?
  39.   Est ce l’information qui nous dicte l’actualité?
  40. Peut-on pécho sans humour?
  41. Le bonheur est-il une question de chance?
  42. A quoi s’ennuyer est-il bon? 
  43. Orphée a-t-il fait exprès de se retourner? 
  44. L’hypothèse du multivers peut-elle excuser nos bêtises? 
  45. L’amour ou l’amitié? 
  46. Y-a-t-il une meilleure version de soi-même?
  47. Sommes nous des machines à vivre?
  48. La différence est-elle une force?
  49. Le malheur donne-t-il des droits?
  50. Sommes nous responsables de l’époque que nous vivons? 
  51. « Après tout ce que j’ai fait pour toi! »
  52. Peut-on gagner sa vie à influencer?
  53. Le sacrifice est-il un super pouvoir?
  54. Peut-on vouloir le chaos?
  55.   A-t-on raison d’en vouloir à quelqu’un? 
  56. « Je ne sais pas dans quel monde vous vivez! »
  57. Une existence humaine sans Netflix  est-elle possible? 
  58.   Avons nous la classe politique que nous méritons? 
  59.   Faut-il croire à sa légende personnelle?
  60.   Dans les réseaux sociaux, personne ne vous entend crier
  61. Peut-on faire preuve de tact en toutes circonstances?
  62. Vivons nous dans une zone de non-droit?
  63.  Un jour sans?
  64. C'était mieux avant
  65. La performance ou la robustesse?
  66. Peut-on se tuer à la tâche de vivre? 
  67. L'Humanité est-elle myope?
  68. La femme est-elle une louve pour l'homme?
  69. Lâcher la proie pour l'ombre
  70. Il était une fois...


Cinq minutes : c’est bref, mais c’est un temps suffisant pour marquer les esprits. Votre objectif est simple : que l’attention de votre auditoire ne baisse jamais. Pour cela, tout est permis : humour, émotion, suspens, coup de théâtre, dramatisation, récit engagé ou poétique. Ce qui compte : qu'il y ait une prise de parole (au sens où la parole n'est pas la même chose que la langue). Si les notes sont autorisées (il y aura un pupitre)  leur lecture est très, très fortement déconseillée (utilisez vos notes comme un support mnémotechnique)

1. L’esprit du concours
Ce concours est à aborder davantage comme un moment que l'on vous donne pour vous exprimer en public plutôt qu'un exercice académique. L'audace, la sincérité, l'originalité,  la démonstration sont les qualités attendues ici. C'est le moment ou jamais de " tenter quelque chose" et de vous faire plaisir.
Si vous souhaitez jouer, incarner un personnage, user de gestes, de mise en scène, de musique voire d’un petit support vidéo : faites‑le, tant que vous restez au centre du discours. Vos camarades sont là pour  écouter une présence, pas un montage.

2. Les trois piliers de la rhétorique antique  : ethos, pathos, logos
- Ethos : c’est l’image que vous donnez de vous‑même pendant votre discours. Le public doit avoir envie de vous croire, de vous écouter. Tenez‑vous droit, affirmez vos convictions avec calme et justesse, montrez qu’elles viennent d’une expérience ou d’une réflexion authentique.
- Pathos : c’est la capacité à émouvoir, à faire ressentir. Riez, souriez, laissez filtrer votre indignation ou votre tendresse. L’auditoire se souviendra surtout de ce qu’il a ressenti à vos côtés.
- Logos : c’est la logique de votre pensée, la clarté de vos arguments. Même le plus poétique des discours doit suivre un fil : une idée centrale appuyée par quelques raisons claires, bien enchaînées.
Un bon orateur sait équilibrer ces trois axes : il raisonne, il émeut et il inspire confiance.


3. La structure classique du discours (à suivre si cela vous aide)
Votre parole doit avancer avec précision et fluidité. Voici les quatre moments essentiels de la rhétorique classique :
a. L’exorde
- C’est le moment d’ouvrir le discours, de susciter l’attention immédiate du public.
- Votre mission : accrocher. Vous pouvez poser une question déstabilisante (« Et si tout ce que nous croyions vrai ne tenait qu’à un sourire ? »), raconter une anecdote vive, ou créer une tension par le silence.
       - L’exorde doit à la fois intriguer, émouvoir ou amuser — il introduit votre univers de manière vive et personnelle.
b. La narration
- Elle présente les faits ou le contexte de votre sujet. Racontez une histoire, installez un  décor, montrez pourquoi votre question mérite d’être posée.
- Cette partie peut être descriptive, imagée, ou même théâtrale : vous pouvez y camper une scène, évoquer des personnages, ou déployer une situation.
c. L’argumentation
- C’est le cœur du discours, là où vous exposez vos idées et raison d’être. Faites entendre votre logique : quelles raisons soutiennent votre position ? pourquoi ce sujet vous touche‑t‑il ?
- Évitez l’abstraction : illustrez votre pensée par des anecdotes, des métaphores, des exemples parlants. Et n’oubliez pas de varier : un moment d’humour peut relancer une idée sérieuse, un effet de ton peut créer un sursaut d’écoute. Par argumentation on n'entend pas du tout la même chose que pour une dissertation de philosophie. Vous avez le droit d'être de mauvaise foi, (pas en philosophie)
d. La péroraison
- C’est la conclusion : elle doit laisser une marque émotionnelle ou intellectuelle forte et viser quelque chose de vraiment spectaculaire
- Rappelez le sens profond de votre propos, donnez une dernière image ou une phrase‑clé qu’on emportera.
- Votre sortie doit être vive, claire, parfois suspendue : laissez un silence, un sourire, une émotion. C’est le souvenir du final qui donnera la saveur de tout votre discours.


4. Les procédés d’expression à expérimenter
- L’humour : une arme puissante, qui détend et attire la sympathie.
- La dramatisation : un ton grave, un geste contenu, un ralentissement du rythme peuvent captiver.
- Le suspense : annoncez un retournement, une révélation, une vérité en attente.
- L’implication personnelle : parlez de ce que vous ressentez, de ce que vous vivez . Cela résonne toujours davantage.
- Le jeu théâtral : bougez, respirez, jouez avec la scène — mais sans perdre la clarté de votre parole.
- L’originalité : surprenez ! Un détournement, une pirouette, une ruse poétique, une mise en scène inhabituelle : tout ce qui peut prendre de court votre public est bon à prendre et vaut la peine d'être tenté sauf l'insulte ou l'acharnement ad personam (à ne pas confondre avec l'argument ad hominem qui consiste à prendre à défaut la position d'une personne parce qu'elle entre en contradiction avec les autres thèses qu'elle défend)

5. L'oratrice.teur configure un monde
En cinq minutes, vous devez créer un petit monde complet , un "égo-système" : une tension, un mouvement, une émotion, un "pli" quelque chose qui porte votre marque de telle sorte que même si cela ne fonctionnait pas, vous en aurez quand même appris sur vous-même et sur ce dont vous êtes capable en public. 

La prestation de chaque élève sera notée mais ce dernier exercice est un concours, ce qui suppose une compétition et des prix. Les deux meilleures prestations seront récompensées. Mais qui en jugera? 


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