John Marshall est un bon gars qui aime le football américain, sa femme, sa fille qui, pourtant, n’a pas inventé le shampoing sec. Mais il déteste les terroristes parce qu’ils sont méchants et il veut pas non plus qu’on casse tout dans son avion…..Oui..parce qu’il a un avion, un gros avec tous les accessoires: salle de presse, salle de réunion, jacuzzi et petit salon avec la télé dans toutes les pièces…..Faut dire qu’il est président des States Johnny. Tout est finalement centré autour d’une réplique et d’une scène: Harrisson Ford trifouille le parachute de Gary Oldman mais si on regarde bien c’est pour mieux lui casser la nuque et lui dire:
- Dégage de mon avion!
(…..Et tout ça avant de le lancer dans le vide…Bon je ne sais plus si c’est avant ou après qu’il lui ait brisé le cou mais si c’est après, c’est un peu con, parce qu’il est mort…Bon de toute façon il est éjecté et il avait pas de billet, donc c’ est bien fait pour lui )
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| Toi aussi: si veux pécho, take a picture prés du drapeau |
Ce qui est vraiment fou, c’est que ce film a été tourné par Wolfgang Petersen qui, à mon avis n’a vraiment réussi qu’une seule oeuvre cinématographique mais elle est absolument magnifique, à couper le souffle, c’est « le bateau » « Das Boot » qui raconte l’odyssée d’un sous marin allemand qu’on dirait fait de bric et de broc mais qui pourtant tiendra la dragée haute à toute la marine alliée pendant son périple. Le film est tout à la fois incroyable techniquement et extrêmement juste psychologiquement, notamment parce qu’on perçoit bien que le commandant n’est pas du tout nazi et ne croit aucunement ni à la victoire ni à l’idéologie de sa mère patrie. Il n’y a donc pas une once de patriotisme, ni d’ailleurs d’effets spéciaux. Le soin apporté aux scènes de combat et de repérage des avaries est remarquable et probant en fin de compte. Comment Wolfgang Petersen qui est un réalisateur talentueux a-t-il pu accoucher de cette longue et laborieuse publicité aérienne America first est un vrai mystère., de ceux que l’on n’a pas forcément envie de dissiper parce que de fait, ce film « Air Force One » est au cinéma ce que Nicolas Sarkozy est à l’éthique présidentielle.
Mais alors pourquoi je vous en parle? Parce qu’il commence un petit peu comme l’enlèvement de Nicolàs Maduro, sauf que là on est au Kazakstan, mais c’’est la même idée de capturer les présidents de nations dites « terroristes » qui est illustrée à grand renfort de commandos US hyper efficaces avec les lasers, les silencieux qui tirent pile poil sur « les mauvaises personnes » et tout le toutim.
Après on a droit à un super discours de Johnny qui dit que le terrorisme c’est mal et que le justice désormais, ce sera la force de toute l’armée US…On dirait pas comme ça mais Johnny, il a tout lu Pascal et il essaie quand même de démentir la conclusion du fragment 298 qui est traité dans ce blog juste avant (peut-être qu’il lit mon blog Johnny???)
Il y a une thèse à laquelle je crois beaucoup dans le cinéma, c’est qu’aussi loin qu’on puisse creuser dans le néant scriptique, c’est impossible de tenir dans la durée l’absolue nullité des dialogues, comme si les mauvais écrivains ne pouvaient pas, à leur insu, laisser passer des éclairs de justesse. Il y a un échange entre le méchant terroriste nationaliste russe et la fille du président juste après que le bad boy ait liquidé l’attachée de presse de la maison blanche (s’il s’était agi de Kellyanne Conway, première attachée de presse de Trump, elle aurait peut-être dit que son assassinat était un fait alternatif) . Il lui explique que là il vient de tuer quelqu’un mais que son père aussi a tué dans son bureau ovale en prenant certaines décisions qui ont des répercussions dans plusieurs pays. Si on y réfléchit, c’est absolument imparable comme thèse, mais la fille…Eh ben…Elle aime son papa. C’est sûr qu’avoir à la fois le président, Han solo et Indiana Jones comme paternel, ça jette un max! Donc elle l‘envoie paître style « c’est mon papa et toi…Eh ben euh…t’es pas mon papa….alors euh…..c’est çui qui dit qui est! »…. et lui, il lui embrasse le front au lieu de lui en coller une.
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| Y'a des méchants et des gentils. On pleure, on chante on rit |
« Air Force One » fait partie de ces films dont on se dit qu’à moins de faire des articles humoristiques dessus, ça n’a pas d’autre utilité que de créer du fric sur la base du circuit du système de récompense. Les spectateurs du box office ce sont des rats de laboratoire qui actionnent la pédale reliée aux électrodes de leur cerveau.
- La prochaine fois, mange un twix!
- T’as fait quoi aujourd’hui?
- J’ai porté un coup fatal au terrorisme d’état des mauvais pays où c’est y qu’y a rien que des mauvaises personnes, et pis j’ai bu une bière devant un match de football et pis j’ai tué à moi tout seul tout un commando de méchants russes nationalistes et pis j’ai fait de l’avion au dessus du Kazakstan, et pis..…..Euh t’aurais pas un chewing gum?
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| Allez vas-y approche! Je vais t'éclater le tarbouif à coups de démocratie! |
Tout ceci pour en venir à une interrogation simple: quelle est la part de cette industrie du mauvais rêve hollywoodien dans ce qui se passe en ce moment dans l’actualité du monde? Peut-on vraiment dédouaner cette production de fictions de très basse intensité existentielle comme « Air force one », « la chute de la maison blanche », « Non stop », et autre, de cet effet de croyance de nombreux citoyens américains à la lumière duquel les bombes de la démocratie feront éclore de leur vertueux rayonnement le monde libre du troisième millénaire? Y-at-il quelque chose de l’industrie du film et de la qualité de sa culture cinématographique de masse qui finirait par « infuser » dans le cerveau des spectatrices et spectateurs US? Certains films ne seraient-ils pas des bombes à radiations optiques à la lumière desquels s’annihile toute capacité de réflexion soutenue au sujet de la politique internationale menée par l’administration des EU ou son absence? Notons à cet égard que Bill Clinton, président des EU à l’époque, avait largement encouragé le tournage de cette lamentable bouse propagandiste, tout comme Harrison Ford, qui par cette tâche indélébile dans sa filmographie, a perdu tout le charme du chapeau et du fouet. Pour le coup il l’a vraiment perdu, l’arche!







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