lundi 16 novembre 2015

Explication du texte de Freud - Travail en groupes


1-    Formulez, au moins trois définitions différentes de la culture et précisez à laquelle de ces trois acceptions possibles il est fait référence dans le texte (groupe 1)
2-    Distinguez chez l’homme ce qui vient du fait qu’il est un être naturel et ce qui vient du fait qu’il est un être culturel. Cette distinction vous semble-t-elle toujours évidente ? Pourquoi ? (groupe 2)
3-    Faut-il dire que c’est l’homme qui fait la culture (arguments) ou bien que c’est la culture qui fait l’homme (arguments) ? (groupe 3)
4-    Décrivez les réactions des hommes devant les catastrophes naturelles. Pourquoi peut-on dire que les rapports de l’homme à la nature sont ambivalents? (groupe 4)
5-    Relevez tous les connecteurs logiques du texte (Mais, car, alors, donc, en effet) et décrivez l’argumentation de l’auteur à partir de ces articulations. (groupe 5)
6-    Formulez a) l’idée défendue dans le premier paragraphe b) dans le second c) l’idée essentielle du texte (groupe 6)
7-    Formulez plusieurs arguments défendant l’idée selon laquelle la culture ne s’oppose pas à la nature. (groupe 7)
8-    Peut-on vaincre la mort ? Formulez des arguments pour le oui et pour le non ( groupe 8)

Sujet Baccalauréat de type 3 - A rendre le 11 décembre


Expliquez le texte suivant. La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension du texte, du problème dont il est question.


« Mais quelle ingratitude, quelle courte vue en somme que d’aspirer à une suppression de la culture ! Ce qui subsiste alors, c’est l’état de nature, et il est de beaucoup plus lourd à supporter. C’est vrai, la nature ne nous demanderait aucune restriction pulsionnelle, elle nous laisserait faire, mais elle a sa manière particulièrement efficace de nous limiter, elle nous met à mort, froidement, cruellement, sans ménagement aucun, à ce qu’il nous semble, parfois juste quand nous avons des occasions de satisfaction. C’est précisément à cause de ces dangers dont la nature nous menace que nous nous sommes rassemblés et que nous avons créé la culture qui doit aussi, entre autres, rendre possible notre vie en commun. C’est en effet la tâche principale de la culture, le véritable fondement de son existence, que de nous défendre contre la nature.
On sait que, sur bien des points, elle y parvient d’ores et déjà relativement bien, elle fera manifestement beaucoup mieux plus tard. Mais aucun être humain ne cède au leurre de croire que la nature est dès à présent soumise à notre contrainte, rares sont ceux qui osent espérer qu’elle sera un jour entièrement assujettie à l’homme. Il y a les éléments qui semblent se rire de toute contrainte humaine, la terre qui tremble, se déchire, ensevelit tout ce qui est humain et œuvre de l’homme, l’eau qui en se soulevant submerge et noie toutes choses, la tempête qui les balaie dans son souffle, il y a les maladies que nous reconnaissons, depuis peu seulement, comme des agressions d’autres êtres vivants, enfin l’énigme douloureuse de la mort, contre laquelle jusqu’à présent aucune panacée (1) n’a été trouvée, ni ne le sera vraisemblablement jamais. Forte de ces pouvoirs, la nature s’élève contre nous, grandiose, cruelle, inexorable, elle nous remet sous les yeux notre faiblesse et notre détresse, auxquelles nous pensions nous soustraire grâce au travail culturel. »

(1) « panacée » : remède universel
                                               
                                          FREUD, L’Avenir d’une illusion (1927)

jeudi 12 novembre 2015

"Quelle place faire à la mort dans la vie?" - "Cris et chuchotements" d'Ingmar Bergman (1972)


1-    Choisissez trois mots susceptibles d’être associés à la mort des autres ou de la caractériser.


2-    Comment comprenez-vous cette affirmation du philosophe Emmanuel Lévinas : « La mort n’annonce pas une réalité contre laquelle nous ne pouvons rien, contre laquelle notre puissance est insuffisante (…) Ce qui est important à l’approche de la mort, c’est qu’à un certain moment, nous ne pouvons plus pouvoir. »


3-    « Cris et chuchotements » d’Ingmar Bergman : dans un château en Suède, Agnès, mourante, est accompagnée de ses deux sœurs Karin et Maria ainsi que de la servante, Anna. La vie se passe au rythme des crises et des moments de répit accordés par la souffrance et la maladie. La personnalité de chacun de ses trois personnages se révèle dans cette proximité avec la mort d’Agnès. Karin est puritaine. Elle a horreur des contacts physiques. Elle parle peu et s’occupe davantage de sa sœur par devoir que par compassion. Maria est superficielle, infidèle à son mari. Elle est terrifiée par la vue du sang. Après le décès de leur sœur, toutes deux s’interrogent sur la froideur de leurs relations et se rapprochent un peu, mais ce réchauffement ne dure pas. Elles quitteront le château après l’enterrement avec leur mari respectif, sans égard pour Anna qui est la seule à avoir réellement accompagné Agnès pendant sa mort.



a) Quels sont les signes qui nous indiquent que nous sommes dans un rêve ? Agnès contredit cette affirmation : « ce n’est pas un rêve. » Pourquoi selon vous ?

b) En quoi l’attitude que nous adoptons face à la mort des autres peut-elle se définir comme un moment de vérité ? Justifiez votre réponse en la référant au comportement de Karin, de Maria, d’Anna devant la demande d’Agnès (formulez cette demande).

c) L’impossibilité de maîtriser une situation justifie-t-elle que nous l’évitions ? De quelle type de qualité ou de sentiment convient-il que nous fassions preuve pour appréhender cette absence totale de maîtrise ?

d) En quoi la posture physique d’Anna est-elle déjà en soi une réponse à la question de savoir quelle attitude nous devons adopter face à la mort de l’autre ?



"Crainte et responsabilité pour la mort de l’autre homme, même si le sens ultime de cette responsabilité pour la mort d’autrui était responsabilité devant l’inexorable et, à la dernière extrémité, l’obligation de ne pas laisser l’autre homme seul en face de la mort. Même si, face à la mort où la droiture même du visage qui me demande, révèle enfin pleinement et son exposition sans défense et son faire-face lui-même - même si, à la dernière extrémité, le ne-pas-laisser-seul-l’autre-homme ne consiste, dans cette confrontation et cet impuissant affrontement, qu’à répondre “me voici” à la demande qui m'interpelle"      E. Lévinas