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samedi 17 janvier 2026

Ecriture libre - Mathys Parrennes (Terminale 5)

 


La chose la plus horrifique est, je le crois, l’incapacité pour l’esprit humain de retranscrire en mots l’événement dont nous fûmes l’objet ce 24 décembre 1934. Cette placide rigidité demeure salvatrice, tant ses noirs contours préservent votre âme de la folie à laquelle je ne pense avoir échappé que de justesse. La recherche de quelque vérité ou de sens dans l’exercice graphique (appelé écriture) ne serait qu’une infâme prison dont les inébranlables clôtures résulteraient de l’impossible conception du cerveau humain.

Mon implication dans cette tragédie est étroitement liée à ma profession d’anthropologue qui, bien que ne me procurant qu’une maigre subsistance, me transporta aux confins d’opaques limites de la pensée terrestre. Pour faire court, en ce matin de l’hiver glacial de 1934, un étrange télégramme en provenance du minuscule hameau de R... (je me refuse à écrire ce nom maudit qui, jusqu’à aujourd’hui, me procure d’atroces souvenirs ineffaçables) requit mon attention immédiate. En quelques semaines, il m’était imposé de percer les secrets immémoriaux de lumineuses collines afin de déterrer quelques spécimens néandertaliens. Je dus dès lors renoncer à passer avec les membres de mon foyer ce que je n’ose plus appeler « fête ».

Je m’élançai alors avec mon peu de bagages sur les mornes routes accidentées de la région de P., n’ayant pour seul objectif que d’arriver avant que l’obscurité ne s’abatte sur ce monde hors de toutes perceptions chronologiques. Dans la verdoyance de ces collines, la noirceur des forêts semblait être des taches sombres sur la toile paisible d’un artiste à l’esprit fiévreux. Mon avancée se faisait d’autant plus rude que le délicat manteau blanc, caractéristique des journées d’hiver, noyait tout semblant de vie pour ne laisser que son empreinte uniformisée sur les seuls repères tangibles.


Il est fort probable que ce ne fussent que les reflets de l’astre solaire sur son déclin ainsi que la fatigue, mais les premières lueurs du village me pétrifièrent d’effroi. Elles n’avaient rien que je n’eusse déjà vu, semblables à un intense brasier qui prenait de l’ampleur à mesure que je me rapprochais. L’entrée du hameau se trouvait au-delà d’un sinistre pont de bois foncé, suspendu au-dessus d’un gouffre aux profondeurs abyssales que je n’osais traverser à bord de mon vieux tacot.

Je m’avançai vers ces étranges lumières rougeoyantes que j’avais vues à mon arrivée. Plus je m’approchais, plus le bourdonnement se faisait intense, tout comme le sentiment d’angoisse indicible que je ressentis, sans doute corroboré par l’absence de bureau télégraphique, raison de mon arrivée. De nature prudente, il me parut sensé d’éviter de me rendre sur la place à découvert et je choisis d’y jeter un bref coup d’œil avant d’annoncer mon arrivée. Maudite soit la curiosité dont je fis preuve en cet instant : le spectacle d’une horreur sans nom n’est aujourd’hui pour moi qu’un traumatisme mortel dont l’indescriptibilité m’effraie.

Une centaine — que dis-je ? — des milliers de petits humanoïdes psalmodiaient des chants hivernaux dans une langue loin de toute parenté terrestre. Ils formaient une ronde et, dans leur tenue d’un vert si éclatant, tendaient les bras vers un immense brasier semblable à l’ouverture la plus imposante du Tartare. Souhaitant mais ne pouvant m’en aller tant la curiosité de nous autres chercheurs était importante, l’effroyable apparence de l’homme sans visage me dissuada de rester davantage. C’était une créature, bien qu’humaine au premier coup d’œil, dont le visage glacé, la taille immense et l’aspect bedonnant, sortis tout droit des tréfonds d’une imagination perverse, ne sont aujourd’hui pour moi plus qu’une source de cauchemars. Il avait bien l’air d’avoir mille ans et d’avoir côtoyé les Grands Anciens, gardiens des secrets des temps passés.

J’entamai dès lors une course précipitée pour m’échapper de cet enfer céleste lorsque une alarme stridente retentit. Le pont branlant salvateur n’était plus qu’à quelques mètres quand j’entendis cette horde maléfique aboyer ce que je devinais être des sorts ou des cris guerriers dont même les plus grands sorciers vaudous trembleraient. Une fois le pont passé et mon automobile atteinte, sous une pluie de flocons immaculés, je partis en toute hâte en remerciant le ciel que le moteur démarra sans difficulté. Une fois dépassé le panneau de ce morbide hameau, je ne pus m’empêcher d’y jeter un dernier coup d’œil et, sur un vieux panneau avachi au bord de la route, il était écrit : Rovaniemi.



jeudi 18 décembre 2025

Ecriture libre: "F..... Santa"

 

Cet article s’adresse à toutes et tous les élèves de terminales 1, 2, 4, 5, 6, 7,  1ere 5, et secondes  6 et 8.


De deux choses l’une, soit vous vous réjouissez à l’approche des fêtes à l’idée de vous soumettre à ces injonctions invasives et débilitantes à dépenser, emballer, donner, recevoir, se goinfrer, grossir, se saouler, balancer des rafales de « meilleurs voeux » et des grenades implosives de « parce que la santé c’est important! », et alors ce message ne s’adresse pas à vous, soit vous ne mangez pas de ces marrons là, et chaque vitrine enguirlandée, chaque décoration de noël, chaque façade de maison illuminée de bougies électriques et de lutins titille en vous ce démon de l’écriture malfaisante, maudite, Lovecraftienne,  Baudelairienne, Isidore Ducassienne (Isidore Ducasse est le vrai nom du Comte de Lautréamont) dans la lignée des œuvres les plus maléfiques, les plus horrifiques et belles de la littérature (Edgar Allan Poe est "LA" référence). Je vous propose de libérer ce démon, et d’écrire une nouvelle, un dialogue, une pièce, un roman ou de faire une vidéo dont le sujet sera: « un Noël qui part en vrille»

Ce n’est pas du tout un sujet original et ce blog compte déjà beaucoup de nouvelles magnifiques, talentueuses sur ce thème. Ne vous laissez pas impressionner .…mais ne vous laissez pas dépasser non plus et affûtez la pointe  de votre stylet comme les conjurés de la Curée mais pour la plonger dans le bide d’un César obèse, paternaliste, employeur éhonté de petits lutins exploités, et de rennes faméliques. Le résultat de ces cogitations monstrueuses, cauchemardesques, sera noté (note bonus) et, si vous donnez votre accord, publié dans ce blog. 

samedi 18 octobre 2025

Terminales 2 / 5 / 7: Travail d'écriture libre (facultatif)

 


Pour le 03/11: Rédigez soit un réquisitoire (procureur.e), soit une plaidoirie (avocat.e de la défense) soit la défense par l’accusé lui-même lors du procès de Blaise Pascal ou de Sigmund Freud. Vous pouvez d’emblée constituer un groupe de trois personnes et travailler ensemble si vous le souhaitez (les débats peuvent ainsi se prolonger mais ce n’est pas obligatoire) 

Evidemment il manque le motif d’inculpation. Vous êtes totalement libre d’en concevoir un ou plusieurs  mais je vous aide un petit peu (il va de soi que ces motifs sont à prendre au 44e degré):

Pour Pascal: 

  • Apologie aveugle et fanatique de la foi au détriment de l’usage de la raison.
  • Dénigrement systématique de la condition humaine réputée vaine et pitoyable sans le secours de la grâce divine et du salut dans le respect de la foi catholique
  • Utilisation agressive de l’écriture transformée en arme de poing dans la visée revendiquée de créer un bouleversement de la conscience des lecteur.trice.s qui, convaincu.e.s de l’insignifiance de leur existence personnelle ne peuvent envisager de salut que dans le renoncement à l’exercice de la réflexion 


Pour Freud:

  • Atteinte aux bonnes moeurs et obsession sexuelle
  • Diffusion de théories dangereuses décrivant l’enfance comme âge de la perversion et du vice.
  • Théorie accréditant l’existence de l’inconscient dans le le but de faire perdre à la notion de responsabilité tout fondement légal, étant entendu que ces thèses ne peuvent engendrer que la destruction à court et moyen terme de l’ordre social et de la paix civile


Si un autre auteur travaillé récemment en cours vous semble intéressant à inculper, n’hésitez pas à m’en faire la proposition (mais la réponse sera oui évidemment) 

Ces essais sont à rédiger d’abord à l’écrit et seront notés (note bonus).  Si vous avez travaillé à trois ou si ces exercices sont répartis de telle sorte que le procès réel est possible, je proposerai aux personnes concernées de prononcer leur discours en cours, le jury sera composé par toutes et tous les élèves de la classe. Nous condamnerons en cas de culpabilité les accusés à des peines atroces (comme écouter en boucle l’intégrale de Maître Gims, par exemple, ou résumer l’œuvre littéraire de Bruno Lemaire…Ouais je sais, c’est pas humain)


vendredi 13 janvier 2023

Ecriture libre: "Tableau de famille" par Alix Moreau

 « Chacun rêve de changer l’humanité, mais personne ne pense à se changer lui- même » — Léon Tolstoï

« L’humanité gémit, à demi écrasée sous le poids des progrès qu’elle a faits. Elle ne sait pas assez que son avenir dépend d’elle. » — Henri Bergson



Noël. Ce beau moment de partage, de modestie, de générosité. Une fête commerciale ? Non, jamais ! Cessez vos calembredaines, c’est un instant d’union et d’amour. Hypocritement, bien sûr, attendez ! Pourquoi s’engueuler 364,25 jours par an et se réconcilier 1 jour ? Cela serait inutile pour le français. Mais qu’est-ce qu’un français, d’abord ? Est-il sur un rond-point, brandissant une Heineken, hurlant « À bas la dictature ! » derrière une palette enflammée tous les jours sauf à Noël ? Mange-t-il du faux-gras végétal pour se donner la bonne conscience du « c’est pas moi » quand on connaît les conditions d’élevage des volailles montrées dans les reportages d’Élise Lucet sur la chaîne du service public, sans même penser à la maltraitance des noix de cajou lâchement broyées en pâtée ? Mais d’autres sont-ils emmerdés par ces écolos qui arrosent des tournesols avec de la soupe au lieu d’aller bosser et alimenter le bourgeois capitaliste en force de travail ? Est-il farouchement contre Macron, ce voleur, même en ces temps de Noël et en parle-t-il pendant le repas, vitupérant moult analyses géopolitiques et géostratégiques sur cet histrion de Zelensky qui serait aussi « pourri » que Poutine, en citant la Bible CNEWS, s’inspirant du philosophe Blaise Pascal Praud, avant de s’étouffer avec un petit four qui serait passé par le trou du dimanche, ce dernier jour de repos inaliénable jusqu’à la retraite à 72 ans ? 


Possède-t-il le dernier smartphone et les dernières Nike de rat des villes mais n’est pas assez payé par ce foutu gouvernement pour s’en acheter encore plus souvent et faire du foie gras de Tim Cook ou par la suite, quand il aura tout acheté sur Terre et ailleurs, et que ses liasses de milliards auront fusé(e), d’Elon Musk ? Répondons « oui » à toutes ces questions et, partant, continuons après ces définitions empirique du Français malheureux. De toute façon, ainsi que l’écrit le vivant et dynamique philosophe Michel Houellebecq-Prozac : « N’ayez pas peur du bonheur, il n’existe pas », donc enfonçons-nous.


Allons-y, rencontrons-nous en famille histoire de nous ressouder. « Oh comme tu as grandi ! Tu dépasses papa ! ». Papa, qui s’est tassé un peu avec le temps, de répondre : « Ah ! c’est la soupe ! ». Voilà qui est drôle, et ce n’est que le début. Les retrouvailles. Tonton et maman se font la bise mais ne peuvent pas se saquer, or mamie est là et observe la scène, et elle larmoierait si un discord apparaissait soudainement en ce si beau jour. Donc on fait semblant, c’est assez drôle. Le cousin Jean-Kévin, nigaud patenté, est là, en train de jouer à Clash Royale, mais il est forcé de ranger son « machin qui lui sert de prolongement du bras. Ah ces jeunes de maintenant, c’est pas possible. Nous dans le temps on n’avait pas ça, mon vieux... » et à se ronger les ongles à la place. Il ne m’adresse pas à un mot, alors que je termine le dictionnaire des figures de style en m’enquérant de « quand don’ que c’est que » l’apéro allait commencer, avec des velléités d’emploi de quelque épitrochasme ou autre chleuasme pour me la péter un peu et qu’on me demande quels sont mes résultats cette année et quel est mon avis sur la déforme du bac. Puis enfin, papa arrive avec deux bouteilles de liquide alcoolisé dans les mains et pose le tout sur la table basse du salon. Il amène des sièges inconfortables supplémentaires car on n’y a pas pensé avant et que « mets une fesse sur le tabouret avec moi », c’est vite énervant, surtout quand le voisin est corpulent, et que nous aussi... Et là, ça se met à discuter dans tous les sens, et comme personne ne s’écoute et que ceux qui parlent en même temps que d’autres parlent aussi et que d’autres n’écoutent pas tandis qu’ils se mettent, eux aussi, à beugler, de petits groupes de gens qui s’écoutent mais ne s’entendent pas à cause du bruit à leur côté se mettent à parler ensemble. Tout y passe. Les lectures du moment, le prix Goncourt, les malheureux décès de Jean Teulé et de Françoise Bourdin, la Grande Librairie sur la 5, François Busnel qui se fait la malle, etc. Non, je rigole. C’est le boulot trop dur, la Martine (pas Alphonse) qui est chiante, la voiture qui fait un bruit bizarre, Macron, le foot, les casseroles rayées au fond quand papi coupe sa viande directement dedans, « Quoi, il mange encore de la viande ? Assassin ! », les prises à la pêche, « Quoi, il tue des poissons ! Assassin ! », le coup de gel qui a congelé les bégonias, puis les 15 degrés ensuite qui font « qu’on sait pas comment s’habiller ». À part ça, joyeux Noël !


Et là, après une heure, quarante-trois minutes et quatre-vingt-cinq secondes, tonton fait remarquer la présence d’une crèche sous le sapin, et ès-qualité de maître en humour aviné, signale l’inclusivité religieuse, « limite woke, lance-t-il, avec les deux rois mages blancs et un Afro-mage ! ». Le parangon du tonton lourd, mais drôle, enfin je crois. Mais où est le petit Jésus ? Planqué dans un tiroir, pardieu ! Eh oui, on le sortira à minuit, l’heure de sa présumée naissance, fût-il né un jour. Oublié un instant le petit Jésus, on passe à table. Afin de vous faire languir quelque peu, je vous énumère succinctement le menu de ce réveillon familial et soudé par des liens que nous n’avons que pour ce soir seulement, n’exagérons rien, ils sont trop énervants le reste du temps : toast de faux-saumon accompagné de blinis de faux-gras, suivis d’une fausse-dinde en vrai soja aux faux-marrons bio, puis une tranche de Caprice des Dieux et enfin, une fausse-bûche en dessert, pour lutter activement contre la déforestation du poumon de la Terre (c’est notre tronc commun, pas de bûche à Noël, ça fait partie de nos racines dans toutes les branches de notre arbre généalogique), c’est un geste que nous jugeons tous efficace et militant. Rien de plus beau que d’être attaché à des causes importantes en ce réveillon, car nous savons que notre compteur Linky nous observe de loin et fera remonter nos revendications dans les plus hautes sphères de l’État.

Une fois au dessert, c’est le moment pour prononcer solennellement à la cantonade des blagues de Bigard, futur président de la Chose Publique, anti puce 5G dans les vaccins inefficaces, fumeur repenti qui n’aura pas trouvé gênant d’enfumer son monde avec cette substance si saine et bénéfique au développement intellectuel (regardez Baudelaire, Wilde, Poe...ou Houellebecq, déjà cité trop de fois ici...). Tout le monde se bidonne, c’est efficace avec un petit verre de gnôle, nous sommes tous dans cet état unis. Il est déjà 22h, nous serons en retard pour la messe de minuit mais on s’en fout. Écolos et pas religieux, nous sommes des athées verts. Ou des Khmers verts, comme dirait Philippe de Villiers de sa jolie voix prépubère. 

Parce que oui, il n’est pas question d’aller plus loin que la crèche, nous sortons déjà chaque année les mêmes éternelles vieilles guirlandes poilues sur le sapin, les mêmes boules moches fabriquées en pâte à sel et salement peintes à la garderie de l’école primaire mais que l’on ne jette pas pour ne pas se faire mal au cœur, et les mêmes guirlandes électriques à moitié cramées qui consomment autant que 500 ampoules halogènes mais qu’on préfère ne pas changer avant de l’avoir usée à la moelle pour ne pas gaspiller trop d’enfants à la fabrication de guirlandes bangladaises. Mes pensées sont interrompues par tata qui est toute blafarde, qui se lève et court aux toilettes, sûrement à cause d’un bulot émétique. Car oui, celle-ci, moins végane que les autres, sachant ce qui l’attendait au repas, a préféré amener un Tupperware avec quelques bulots dedans, mais restés dans la voiture chauffée à 25°C pendant le trajet, les mollusques ont dû tourner de l’œil... C’est bien fait pour elle, assassine !

Bref, de toute façon Noël, nous, on s’en fout. Nous préférons boustifailler en groupe d’humains et puis ouvrir les cadeaux avant de les refermer pour mettre fin au supplice. À ce propos, dans le brouhaha ambiant, nous avons omis de nous ruer sur ces cadeaux qui trônent sous le faux-sapin, alors je le crie et tape avec mon couteau sur le côté de mon verre afin d’exciter les acouphènes de la Gérousia. Du coup, tout le monde se rue derechef dans le salon et s’empare de ses paquets attitrés que le Père Noël a amenés. Ce que je me demande à l’ouverture des premiers cadeaux, c’est si le Père Noël ne serait finalement pas chinois... Mais faisons le point sur la situation : tout le monde se fait encore la bise pour les beaux cadeaux offerts. « Comment tu savais que je voulais ça ? » En fait, tout le monde s’en fout. Que va faire maman d’un robot mixeur de chez Lidl alors qu’elle est si férue des boîtes de conserve de toutes sortes ? Que va faire papa d’un tas de fringues en polyester alors qu’il y est allergique et que ça lui hérisse la pilosité dorsale ? Que vais-je faire de la dernière PS5 alors que les jeux vidéo me donnent la migraine et qu’ils n’ont pas encore créé SocrateSimulator pour s’amuser et se cultiver concomitamment ? Que va faire mamie avec une tablette tactile qu’elle vient d’ailleurs de faire tomber par terre pour la première fois d’une longue série avant de me la donner dans deux mois parce que c’est trop dur d’utilisation et qu’avec son arthrose au pouce elle ne peut pas cliquer dessus ? 


Que va faire le chien d’une balle qui marche à pile et qui avance toute seule car on en a marre de lui lancer à chaque fois, mais qui finira en carpette sous un semi- remorque quand elle sera allée sur la route avec le chien derrière, qui lui, aura peut- être échappé à l’accident ? Eh bien « rien ». Mais n’étions-nous pas écolos juste avant, allez-vous me demander. Si, mais pas à Noël, n’exagérons rien. On peut bien faire une pause de temps en temps, non ? Et puis nous représentons 1 % des émissions mondiales de CO2, donc c’est rien. Quand cette Chine arrêtera de polluer, on fera peut-être un effort supplémentaire ! — Oui, mais tes cadeaux, là... ils sont tous fabriqués en Chine... — Non, pas tous, il y en a un qui vient de Corée du Nord et un de Taiwan. — Pour le premier, ils ont dû te faire une blague. Et Taiwan, c’est pas la Chine ? — Euh... demande à Nancy Pelosi, elle est très active sur Instagram. Mais arrêtons de parler de ça, je n’ai plus aucun argument valable, donc mettons ça sous le tapis, vaut mieux se taire, ça ira plus vite.


Et comme nous ne sommes pas fous de la messe, nous commençons à bâiller et avoir envie d’aller se coucher, vu l’heure qu’il est. Chacun regagne sa chambre ou son lit de camp acheté pour l’occasion car nous sommes huit, pour cinq places dans des lits et il n’eût pas été acceptable que certains dormissent avec d’autres, déjà que tonton, tournant autour de la fausse-crèche comme une ouaille autour du bénitier, n’a pas lâché un mot à tata de tout le réveillon, s’adonnant plutôt aux concours de blagues hérétiques et égrillardes en lançant même des regards doux à la cousine Bette, ce goujat... C’était la faute de l’abbé Bourré, ce soir.



Chacun dans son pageot, débriefant en petit comité des retrouvailles avec les autres membres de la famille toujours aussi énervants et insupportables, se connecte depuis son cellulaire portatif sur Leboncon.fr pour prendre connaissance des tarifs auxquels d’autres objets tels que ceux qu’ils ont à l’instant reçu en guise de présents sont vendus par d’autres déçus. On commence à prendre les photos, et on publiera les annonces demain, ça ne presse pas, ça n’est pas moi qui ai payé. Moi, je suis allongé, je commence à réfléchir. Et comme disait quelqu’un, « dès que j’ai commencé à penser, je me suis trouvé en rupture avec le monde », car oui, à quoi ça sert tout ça ? Noël, fête religieuse de la Nativité ? On s’en fout, la preuve, on n’a même pas sorti le petit Jésus de son tiroir à minuit. Et puis Dieu, est-ce qu’il existe ? Si ça se trouve on s’entretue depuis des dizaines de siècles pour un monsieur qui n’a jamais existé ; il doit se marrer de là où il n’est pas. Noël, rassemblement des membres d’une famille ? Oui, mais entre gens qui ne se voient jamais, ne peuvent pas se voir en peinture, et se font la bise en croquant de l’ail juste avant, c’est bon pour les rhumatismes. Noël, autour d’un bon repas que l’on a les moyens de se payer une fois ou deux, pas plus ? Oui, car le faux-gras, c’est bougrement cher ! Le bio aussi ! Ah, mon vieux, celui qui a inventé le libre échange aurait mieux faire de se couper un bras ; on ne mangerait pas des steaks de soja de Roumanie, des graines de chia aztèques ou des salades espagnoles. Parce que oui, la viande, l’agneau d’Argentine, le bœuf d’Afrique du Sud, c’est fini. Libérons tous ces animaux enfermés dans des entrepôts insalubres ! « Je suis dinde, nous sommes dindes », ainsi que l’eût gloussé une célèbre antispéciste fréquemment invitée chez Cyril Hanouna et son zoo où sont enfermés de beaux spécimens, dont on se repentirait de les avoir libérés. Mais bon, je n’ai pas été longtemps en rupture avec le monde, pas plus d’une dizaines de minutes, car penser c’est effectivement dur. Et puis je n’avais pas eu ce que je voulais dans les cadeaux donc je me suis commandé les objets que j’eusse aimé avoir sur Alixexpress, car c’était trop cher ailleurs, mais c’est promis, c’est la dernière fois que j’achète chinois.

**


Bon, nous sommes le 25 décembre au soir, je suis repu, j’ai déjà pris quatre kilos. On a mangé encore une fois comme des affamés. Avec tout ça, j’aurais pu envoyer un doggy bag en Éthiopie ; quand je pense qu’ils meurent de faim et de soif... Mais je ferai ça plus tard, je n’ai pour l’instant pas les moyens et je dois assurer mon développement physiologique et cérébral pour être ingénieur et aller exploiter les dernières mines de terres rares en Afrique, pour développer de nouveaux smartphones (ce serait dommage que les africains y arrivent avant), donc ça attendra. Disons plutôt, car vous me trouverez brutal, que j’attends aussi que les autres fassent des efforts avant de faire les miens. Enfin, je ne voudrais pas me tromper d’effort, pas tout seul, vous comprenez, je suis exigeant avec moi-même.


Tout le monde commence à plier bagage, bon débarras. Tata s’est remise tant bien que mal, mais elle a été requinquée d’autant plus quand tonton lui a appris qu’il était l’heure de partir. Mais on doit encore s’accorder sur le menu du premier de l’an... voire même sur le réveillon du 31 décembre, si un ou deux veulent se sacrifier et y participer, mais personne n’est volontaire, heureusement, il y a des plaies, mais pas de suicidaires. Mais tout ça va recommencer dans un an, et ce sera encore plus morne : encore plus de déchristianisation, mais avec encore moins de viande, encore plus de conflits, mais peut-être un avantage : très peu de cadeaux, car avec 48 % d’inflation et des pénuries de pétrole, on fera attention à notre compte en banque et à notre conscience car oui, nous sommes humains, trop humains, et n’avons pas une intelligence artificielle, mais bien naturelle et développée. Pauvre Terre. Je vais maintenant m’atteler à prendre mes résolutions pour 2023, cette belle année de légèreté qui s’annonce, parce que si l’on n’en prend pas, on ne pourra pas dire qu’on ne les a pas respectées. Eh oui, il faut être cohérent dans ce monde de brutes...

À l’année prochaine !

« Mais priez Dieu que tous nous veuilles absoudre ! » — François Fillon... euh, Villon



Ecriture libre: "Cindy fête Noël" par Héloïse Nelaton

 


Je m’appelle Cindy j’ai 26 et je vis dans une maison mitoyenne avec mon homme mes deux prunelles de mes yeux et notre chien Zizou. 

Nous sommes le 24 décembre et aujourd’hui c’est la fête préférée de toute notre famille recomposée et décomposée : Noël. 

Comme mes deux petits bouts de chou d’amour que j’aime à l’infini me prennent un temps fou toute la journée, je n’ai pas encore eu le temps d’aller acheter les cadeaux. C’est vrai quoi, les poser sur notre canapé devant la télévision, la tablette et le téléphone portable à regarder les Marseillais, Tmtp, Pat’ Patrouille et jouer au dernier jeu de guerre car c’est ce que les enfants aiment, c’est pas tous les jours évidents. 

Alors ni une ni deux je grimpe dans l’auto avec mes deux enfants chéris, et direction la zone commerciale la plus proche. Ce que j’aime c’est offrir des cadeaux personnels, de valeurs, et qui sont fabriqués dans de bonnes conditions car en ce moment je vois beaucoup sur les publicités qu’il faut acheter des poupées végans car c’est bon pour les Ouïgours et le manque d’électricité. 


Je suis tellement pressée que je me gare à toute vitesse sur la dernière place de parking. J’ouvre la portière et mon petit Kevin s’écrase sur le goudron car il s’était détaché ce petit merdeux. J’ai pas le temps de le ramasser délicatement alors j’y vais pas avec le dos de la main morte et je le chope par la doudoune et j’le remets debout. Il saigne un peu et comme j’ai passé mon PSC1 quand j’étais au collège je lui fais un massage cardiaque et nous r’voila reparti en direction de chez Action. 



A Action, le paradis sur terre des supers magasins, il y a une queue énorme pour se procurer les dernières peluches supers à la mode. Alors comme j’suis pas du genre à me laisser courir sur le haricot, je prends mon sac à main H&M et je le balance dans les jambes de toutes les méchantes mamans qui veulent me voler mes cadeaux. Telles des Dominos elles se vautrent toutes les unes après les autres sur le carrelage blanc du magasin. Je cours comme une antilope en doublant le plus possible de famille en détresse, je fais des croches pieds aux personnes qui m’importunent et j’arrive devant le trésor de ma quête. Je saisis tout ce que je peux dans mon cadi, je rafle toutes les étagères remplies de Lego, de karaokés pour enfants, de jeux de sociétés du dernier cri, je ramasse au passage un ou deux enfants en pleurent que j’offrirais à ma sœur qui est stérile et n’a jamais pu en avoir.



Ensuite j’enchaîne Carrefour, Lidl, King Jouet et je dépense encore et encore de l’argent pour mon bon plaisir et je fais emballer des dizaines de cadeaux petits et grands par des employés qui travailleront jusqu’à 21h ce soir pour nous satisfaire (ils n’avaient qu’à pas louper leur bac). Des paquets défilent sous mes yeux, et je n’oublie pas de mettre les enfants larmoyants et fraîchement orphelins que j’ai péché sur le sol du magasin dans de grands sacs en plastique et je demande qu’on mette du scotch sur leur bouche de mioches qui m’implore de les laisser partir. Ça sera toujours plus de cadeaux et moins de bruit.


Ensuite c’est l’heure de rentrer dans mon antre et de préparer le somptueux repas de ce soir. Je me munie de mes récentes emplettes c’est à dire le bon foie gras premier prix résultat d’un gavage d’oie dans d’atroces souffrances et les huîtres périmées de l’année dernière trouvées dans la poubelle de l’Inter que je place délicatement dans un saladier de porcelaine et j’écrase de mes gros doigts potelés les huîtres avec le foie gras, puis je rajoute le saumon d’élevage bien industriel. Une fois la mixture bien diluée je la laisse reposer dans notre frigo plein à craquer de toutes les cochonneries que je servirais à mes tendres invités pendant ce repas qui s’annonce tout bonnement divin. Seulement je me rends compte que nous n’aurons jamais assez à manger alors je m’empare de notre chien adoré Zizou et je le place sur notre planche à découper. Je me munie de notre hache de cuisine et je me mets à le découper à grand coup d’acier dans le ventre. Il hurle de douleur mais je ferais tout pour que Noël soit une fête inoubliable et être à la hauteur de ce que mes amies ont posté sur TikTok alors je réduis Zizou en charpie sans vergogne.



Une fois la sale besogne achevée, je publie sur mon compte Facebook une photo de notre jeune sapin de cette année, que mon homme est allé couper dans le bois, tout vêtu des dernières guirlandes et autres décorations en plastiques achetées en provenance de Chine et fabriqués par des pauvres enfants (ils n’avaient qu’à pas louper leur bac), qui ne serviront pas les autres fois et que je jetterais une fois la merveilleuse fête de Noël achevée. 

Je monte me changer à la hâte de ma robe pailletée rouge de chez Zeeman quand tout à coup je glisse sur le boyau de Zizou qui avait éclaboussé le sol. Je me ramasse littéralement sur la moquette et me fend le nez en deux ainsi que mes facettes dentaires faites en Tunisie à un moindre coût. 

Toute ensanglantée je monte jusqu’à mon dressing en semant des goutes écarlates sur mon passage comme si j’étais un remake sordide du Petit Poucet. Je décide de m’allonger quelques instants pour reprendre mes esprits et je ne peux m’empêcher de penser que j’aime la magie de Noël. 

Une fois prête et toute pomponnée de mon ravalement de façade quotidien, je descends disposer les cadeaux de mes enfants sous le sapin. Je commence par ceux de Kevin et je sens monter dans mon œsophage un relent d’huîtres que j’ai goûté tout à l’heure. Ni une ni deux je restitue intacte les huîtres sur le sol. Avec encore un peu de liquide régurgité au coin de mes lèvres, je décide de cacher ce monstrueux spectacle sous les cadeaux en espérant que l’odeur ne sera pas trop nauséabonde et que ça ne tâchera pas les précieux cadeaux.

 


Il est enfin arrivé le moment de sortir les cadeaux de mon enfant préféré, mon petit Jimmynounet en sucre d’orge. J’ai acheté pleins de cadeaux pour mon petit Jimmy : un pot de 2kg de Nutella pour ses repas car il n’aime que ça, des Kinder Bueno car il n’aime pas les Kinder Country ça lui donne des boutons, j’ai acheté une super voiture télécommandée pour mon petit Jimmy et enfin l’IPhone 11 couleur orange couché de soleil pour mon petit Jimmy. 

Normalement tout est là, ma to do list est remplie il ne me reste plus qu’à attendre les invités en me bourrant de Coca 0. Heureusement que je n’ai rien oublié, « Kevin et Jimmy ça vous dit d’accompagner maman fumer sa cigarette dans le jardin ? Jimmy ? Jim… »


Comme l’année dernière, j’ai encore oublié Jimmy.


Ecriture libre: Ma lettre au Père Noël par Adélie Rossignol

 Noël, parlons de toi,

Tu es une fête qui célèbre la consommation de masse et qui met la tête  de milliers de ménages modestes sous l'eau. On t'adore...

Un repas mauvais, des cadeaux qui ne plaisent à personne. Mon cher Noël pourquoi penses-tu être l'attente de l'année d'une société dite laïque mais qui t'espère, bien que tu sois chrétien?

Être assis sur des chaises, manger toute la journée et arborer de faux sourires à des offrandes tout ça pour rendre hommage à la nativité du seigneur.

 On se set angoissé,  mal à l'aise à l'idée de se remémorer notre propre histoire, de repenser aux noëls  de notre enfance. C'est nostalgique de fêter une telle fête alors qu'on ne croit plus au Père Noël !

Ah mais d'ailleurs, mon cher ami! Parlons-en du vieux monsieur capable de faire le tour de la planète en une nuit pour offrir le cadeau idéal qu'espère l'individu au fond de nos lits! Ne serais-tu pas le plus gros mensonge que l'on puisse faire à un enfant?

Les parents ne font que de répéter que ça n'est pas beau de mentir, mais donc tu n'es pas beau du tout père Noël...


Noël, as-tu pensé  à ceux qui sont seuls, à ceux qui vivent des relations sous tension avec des proches?Imagine les se retrouver autour d'un repas à devoir discuter politique et finir par quitter la table ?A quoi ça sert de s'infliger une telle souffrance qui ne mérite aucune importance?

Pourquoi dit-on « Joyeux noël »? Pourquoi serait-on obligé d'être joyeux?

J'abhorre cette joie imposée par une tradition beaucoup trop superficielle.

Mariah Carey... « al i want for christmas is you » franchement ? 60 millions de dollars pour ça ? Noël tu as pas un peu abusé sur ce coup là ? Parce que personne ne l'aime sa chanson mais sous la pression, c'est la première sur la liste d'écoute...


Une chanson d'amour pour son bien aimé alors que leur histoire est terminée. Quelle belle image du bonheur et du sentiment amoureux !

Apparemment « L'amour ne s'achète pas » mais pour 60 millions de dollars, évidemment que si!


Tu sais qu'il existe une une phobie en ton nom noël: «natalophobie ». Des gens n'aiment pas ton sapin, tes chansons horribles, tes lumières, tes décorations et puis tes films! (Deux personnes seules le 24 au soir qui tombent amoureuses et qui finissent par se marier, « vivent heureux et firent beaucoup d'enfants  )..». On connaît tous le scénario, mais c'est pas la définition d'être heureux ça mon ami c'est un cliché qui rend mal à l'aise, et qui gêne par dessus tout. Tu devrais te remettre en question si tu parviens à susciter chez des personnes des crises d'angoisses.Noël , fête chrétienne et victoire de la consommation à outrance célébrée plus que jamais! Illuminations dans les rues, promotions dans les commerces, masse de cadeaux jamais utilisés, reventes dés le le demain lendemain, tout ça permet de montrer l'objectif de consommer toujours plus de biens matériels. 


Tu subis que des critiques de ta consommation excessive! Tu perds de ta médiation symbolique et  tu deviens un enjeu affectif majeur. Les médias qui te nourrissent et ton imaginaire collectif t'ont fait devenir une fête avec un idéal de reconnaissance et de convivialité difficilement atteignable. On n'éprouve pas de vrais sentiments en ton honneur noël. Tu n'es qu'une épave bien que tu  sois incontournable...

 Pourquoi tu nous obliges à faire la fête? c'est comme celle de fin d'année, pourquoi disons-nous « Bonne année » mais quelle année? Aucune n'est parfaite, aucune n'est bonne  alors arrête de mentir et de nous prendre pour des imbéciles. Et tes copains « Joyeuses pâques », «, joyeuses fêtes » et j'en passe, on devrait en parler de cette obligation de se souhaiter une joie qu'on ne désire pas. C'est tout aussi sujet de débat que toi Noël, alors arrête de croire que tu es supérieur et apprécié

Voila Noël, je pense que je me suis assez acharnée sur toi, je pense que tu l'as bien compris, je ne t'aime pas

A l'année prochaine!



mercredi 14 octobre 2020

Ecriture libre pour le 4 et 5 novembre - Terminales 1 / 2 / 3

 

 
            Rédigez une histoire à la première personne commençant par Ce matin....Comme tous les autres matins......Sauf que.....Suivra un récit plus ou moins long dans lequel il s'agira de décrire tout ce qui va petit à petit faire de cette journée une journée exceptionnelle jusqu'à cette formule finale: Quelque chose commence dans ma vie, mais aussi "de" ma vie, à partir d'elle, quelque chose qui ressemble à un jeu: "je"

(Remarque: l'effet d'homophonie entre "jeu et je" est vraiment "usé". On peut donc s'interroger sur la pertinence de terminer une nouvelle sur cette pirouette très, très peu originale. Cet effet doit donc correspondre plutôt à un sens authentique: c'est peut-être un jeu de dire "je". En tout cas, cela réclame un jeu de distanciation. Se percevoir soi-même comme un "je" n'a vraiment rien d'évident, de donné. Ce n'est pas normal et c'est le résultat d'un travail, peut-être d'un style. Dire et se vivre en tant que "je", c'est se prendre à un certain jeu, mais lequel? Cela peut être l'un des avantages collatéraux de ce travail d'écriture libre que d'essayer modestement de répondre à cette question)