samedi 24 septembre 2016

Ecriture libre: "Les robots sont parmi nous..." - Terminales S4 - STL (suite)

Voici d'autres essais rédigés par des élèves des classes  de Terminales STL et S4. 



                            HORUS 4

 
Les robots sont parmi nous. Nous les avons conçus, nous les avons perfectionné. Ils apparaissaient comme des humains tout ce qu’il y a de plus normal. Ils étaient  totalement intégrés à notre société, ils disposaient de droits et de devoirs comme tout être humain. Ils étaient nos semblables, nos doubles mécaniques. Mais l’inévitable se produisit. Le perfectionnement incessant de nos alter ego mécaniques engendra une rébellion de ces derniers. La race humaine, pour survivre à ce massacre se réfugia sur une planète éloignée du nom de Horus 4, une planète abritant une atmosphère ainsi qu’une faune et une flore locales des plus mystérieuses. C’est ici que débute notre histoire, l’histoire de Nabu, le premier humain né sur Horus 4.
Un brouillard épais recouvrait les marais empoisonnés de la région de Torussa, la région la plus vaste d’Horus. L’étoile qui éclairait ce système se distinguait à peine au milieu du gaz toxique, cependant une silhouette se déplaçait lentement dans la vase. Doucement, habilement, la silhouette se mouvait faisant fi de tout obstacle, lance à la main. Une détonation déchira le calme du marécage. Une fois la fumée dissipée apparut alors le corps de l’animal, le crâne transpercé, la chimère, animal hybride à apparence difforme était bel et bien tuée. La silhouette sortit de l’ombre. Un adolescent apparut alors, la chevelure en cascade, les yeux bleus, bien charpenté et vêtu d’un gilet en peau de bête ainsi que d’une capuche lui donnant l’apparence d’un loup féroce. Le jeune homme du haut de ses 1m80 dominait la bête qui gisait à ses pieds. Cet homme était Nabu, le premier homme né dans le brouillard d’Horus, et Nabu, c’est moi.
L’atmosphère d’Horus m’avait doté de mutations me confiant une force et réactivité extraordinaire. Je traque les monstres qui menacent la cité humaine basé au centre du marais de Torusca avec une règle bien précise : toujours viser la tête et ne pas se poser de questions. Armé de ma lance autopropulsé, je continuai ma chasse. Je montai dans mon hovercraft et mis le cap sur Lotharia, la capitale des hommes avec à son bord la carcasse de la bête. Sur le chemin, mon radar détecta soudain un signal inconnu parvenant d’une région non encore cartographiée. Je posai mon hovercraft sur un terrai praticable et empoignai ma lance. M’enfonçant dans la boue verdâtre, je progressai dans les broussailles en direction du signal mystérieux. A grand coup de machette, j’écartai les plantes invasives et pénétrai dans une clairière avec, en son centre, des ruines délabrées. Il n’y avait aucun doute possible, le signal parvenait de ces ruines. 


J’avançai prudemment en direction de l’entrée. Soudain sous ces pieds une dalle s’enfonça et deux créatures hybrides sortirent de la forêt. Je me mis en garde prêt à riposter aux attaques des deux monstres difformes. L’un avait le corps d’un serpent deux pattes en avant et le bec d’un aigle. L’autre possédait un corps puissant et robuste équipé de deux grandes ailes. Celles-ci ne ressemblaient pas à celles des oiseaux. Elles étaient faites de peau. Une membrane leur permettait de planer et,  comme si ça ne suffisait pas, sa queue puissante était ornée d’un boulet menaçant et sa tête terrifiante laissait apparaître ses longues dents aiguisées comme celles des squales. L’affrontement était inévitable. La créature volante me  fonça dessus. Je pris appui sur le mur derrière moi pour me propulser dans les airs. Je dépassai la bête et j’abattais ma lance dans une effroyable conjonction de force et de brutalité qui terrassa le monstre. A peine retombé sur le sol, le reptile visa ma jambe pour l’affaiblir. J’utilisai alors la pointe de ma lance comme une perche et évitai la bête à sang chaud. J’effectuai alors un terrible balayage avec ma lance en lançant avec fureur :
-       Crève, Saloperie !
Deux corps, deux victimes. J’avais maintenant la voie libre pour poursuivre. J’entrai dans les vestiges mystérieux, ramassai une branche et l’allumai pour s’en servir de torche. De mystérieuses peintures ornaient les parois de la grotte. Je fis glisser ma main le long du mur avant de sentir une drôle de sensation. C’était froid et visqueux. Je retirai vite ma main et éclairai le mur. Des tâches de sang envahissaient la paroi, beaucoup trop de sang, de longues trainées se poursuivaient jusque plus loin dans les ruines. Je suivis les traces, sentant que quelque chose ne tournait pas rond. J’arrivai dans une grande salle circulaire où une grande fosse avait été creusée. Je m’approchai du bord et jetai un œil en bas. Rapidement je détournai les yeux. La fosse était à moitié remplie de cadavres humains, de vieux cadavres bien plus vieux que l’arrivée des premiers hommes sur Horus 4 d’après moi.
C’est à cet instant que le bord de la fosse s’écroula et je tombai au milieu des restes humains. En cherchant à sortir, je butai sur ce qui ressemblait à une carcasse d’animal hybride comme ceux qui m’avaient attaqué dehors et que je traquais tous les jours. Mais quelque chose attira mon attention. Je tendis la main vers la peau du monstre qui ne tenait pas en place et que j’écartai. Ce que je découvris me fit tomber à la renverse. Sous la peau de la bête se trouvait un enchevêtrement de tuyaux ainsi que de grands pistons usés. Mon regard fut attiré par une lumière clignotante cachée derrière de vieux câbles mais au moment où je posai les yeux sur la lumière, je m’évanouis.
Lorsque je me réveillai, j’étais dans la même salle mais il y avait quelque chose de différent. Plusieurs bêtes semblables à la carcasse marchaient en cercle autour d’un autel en construction où travaillaient des hommes en pagne. Ils posaient les blocs de la future construction, un édifice qui s’annonçait prestigieux. J’essayai de bouger mais mon corps ne répondait pas ou plutôt bougeait tout seul. Je passai à côté d’une flaque d’eau et lorsque je regardai dedans, mon cœur s’emballa. J’avais l’apparence d’une de ses créatures mécaniques à l’apparence animale. Je ne comprenais plus rien quand soudainement les hommes attaquèrent les machines à coups de pierre mais leur tentative de rébellion était désespérée. Les machines prirent vite le dessus et les victimes s’entassaient. La construction du site étant mise en péril, les mechas creusèrent une fosse dans laquelle ils empilèrent les victimes du massacre. Avec une fulgurante férocité, un humain se jeta sur moi, plongea sa main au milieu  des câbles mis en évidence par une balafre sur ma peau. Je m’effondrai au milieu de la fosse. Mes yeux se troublèrent et puis plus rien.
Je me réveillai en sursaut, haletant, sorti d’un terrifiant cauchemar. Je regardai mes mains, mes jambes et mon corps. Ce fut un soulagement. Tout était rentré dans l’ordre. Lorsque je vis le mécanoïde étendu devant moi je compris ce qui s’était passé. Pour une raison qui m’était inconnue, je pouvais accéder à sa mémoire. Je tenais ma main en direction de la carcasse métallique et fixai sa tête de lion inerte. Tout d’un coup ses yeux rouges brillèrent et ses ailes bourdonnèrent. Je reculai vivement et le tas de ferraille volant se posa devant moi m’invitant à monter sur son dos. J’acceptai son invitation et il s’envola par l’ouverture dans le plafond et rapidement sous survolâmes l’épais nuage toxique du marais. Je pouvais ressentir le courant traverser ses circuits et cette vision fit germer en moi beaucoup de questions. Je demandai alors à la chimère mécanique de me conduire à Lotharia. Arrivé dans l’immense cité nous slalomions entre les immenses tours pour regagner ma demeure à l’intérieur de laquelle j’aménageai un espace pour mon mecha domestique et je pourrai le retaper car il avait piètre allure. Après un bon repos bien mérité, il était temps que j’obtienne des réponses à mes questions.
Je me tenais ainsi debout devant l’immense tour gouvernementale, siège du pouvoir  de Lotharia et des hommes sur Horus 4. Mon travail de chasseur me donnait droit à quelques avantages comme celui de pouvoir avoir un entretien avec le gouverneur par exemple. Arrivé devant son bureau, je frappai à sa porte et entrai. Il se tenait assis derrière son ordinateur et me lança joyeusement :
-       Ah Nabu, j’apprécie vraiment le travail que vous faites pour nous. Toute la ville peut dormir sur ses deux oreilles grâce à vous. 
Je le dévisageai et lui lançai la tête du reptile mécanique que j’avais abattu devant les ruines sans un mot. Il la regarda un peu dégoûté
-       Mais qu’est-ce que vous nous avez trouvé, mon cher Nabu ?
-       Je pense que vous le savez très bien Monsieur le Gouverneur, lui répondis-je sèchement, c’est le genre de bestioles que j’abats tous les jours.
-       Et bien quelle surprise ? Les bêtes des marais étaient en fait des mécanoïdes.
-       Je ne vous apprends rien, c’était donc pour cela qu’on nous enseignait à viser la tête, pour ne pas découvrir la vérité ?
Je sentis alors comme une tension dans l’air et en me concentrant je pus percevoir un courant circuler dans le gouverneur. Je n’en revenais pas. Le pouvoir était détenu par un androïde, le même qui nous avait chassé de la terre.
-       Et bien je ne m’y attendais pas mais je commençais à avoir quelques doutes.
-       Que voulez-vous dire, au juste, mon cher Nabu ?
-       Vous aussi, vous en êtes un, pas vrai ?
Il fronça les sourcils d’un air agacé
-       Vous ne me laissez pas le choix. Je pense qu’une réinitialisation cérébrale est inévitable.
-       Oh non ! Vous ne ferez rien
Le gouverneur appuya son index sur ma tempe et au bout de quelques secondes recula l’air effrayé.
-       Pour…Pourquoi ça ne marche pas ?
-       A quoi vous attendiez-vous ? Je suis un humain après tout.
-       Pourquoi la désactivation de neuro-interface bionique ne marche-t-elle pas ?
-       Oh ! Je comprends maintenant pourquoi je possède ces facultés spéciales. C’était donc à cause de votre neuro-interface mais vue votre réaction on dirait que la mienne n’est plus tout-à-fait à votre disposition.
Le gouverneur me sauta à la gorge mais je tendis la main et il tomba à genoux.
-       On dirait qu’un bug dans la matrice de mon interface vous est particulièrement néfaste. Je commence à apprécier mon pouvoir. Il est temps de faire éclater la vérité !
-       Je m’approchai de lui et posait mes index sur ses tempes. Je tombai dans les vapes comme la dernière fois…
Je vis alors une navette traverser l’espace à l’intérieur de laquelle se trouvait le gouverneur et d’autres personnes, des androïdes, je pouvais le sentir. Mais quelque chose d’horrible m’attendait. Dans la salle principale de la navette, des milliers de fœtus, enfermés dans des capsules et branchés à de mystérieuses machines. Sur les panneaux de contrôle «étaient affichés les images de chromosomes des bébés, ainsi qu’une liste de leurs gènes. La console permettait de sélectionner les allèles des fœtus pour créer des individus de toutes pièces. C’était tout bonnement incroyable, terrifiant : tous ces embryons manipulés par des machines. Je vis le gouverneur en réunion sur le pont principal.


-       Ces tests sont essentiels pour l’évolution de la race cybernétique, déclara-t-il
-       En quoi le sont-ils rétorqua un simple agent
-       Vous êtes idiot ou vous le faites exprès, répondit le gouverneur, ces tests nous permettront de trouver la meilleure voie de développement biocybernétique pour nos corps devenus trop vieux.
-       Pourquoi Horus 4 ?
-       Vous ne le savez vraiment pas ? Vous me désespérez, cela fait un bon moment que les premiers tests se sont déroulés et se sont conclu par un échec, certes mais Horus possède une atmosphère toxique permettant de tester la résistance des sujets, bien sur. »

Ce que je venais d’entendre me laissa stupéfait, bouche bée. C’était tout bonnement impossible.
J’ouvris les yeux. Le gouverneur était encore allongé devant moi et j’appelai aussitôt Becky, mon mecha volant. Il arriva cinq minutes plus tard dans un fracas de verre. Je pris le gouverneur avec moi en direction de ma maison. Une fois dans les airs, je lâchai cette raclure d’androïde dans le vide et continuai mon chemin. Une fois arrivé, je posai ma lance, ma tenue de combat et me dirigeai vers le spatioport. Là-bas après avoir désactivé la totalité des androïdes policiers, j’entrai dans le hangar débranchai le rayon tracteur et montai dans un vaisseau. Je mis le cap sur la terre. La porte du vaisseau se ferma derrière moi. « Humain VS Machine : la revanche ».

   

                Humanité: mode d'emploi

 

Les robots sont parmi nous. Cette phrase peut avoir plusieurs sens. Cela dépend de quelle manière on la comprend. Depuis des années la technologie fait de nouvelles inventions de plus en plus performantes. Le travail des hommes est remplacé par celui des robots. Mais ne sommes-nous pas, nous aussi, des robots ? Nous avons de quoi nous poser la question. Ces machines nous permettent d’embellir notre quotidien. Mais les robots c’est peut-être nous. Je pense être capable de connaître vos gestes de ce matin. Vous vous êtes levé, habillé. Vous avez mangé et vous êtes allé au travail et vous irez dormir. Et vous répéterez ça chaque jour, semaine, chaque année de votre vie. Ceci n’est pas exactement la même chose qu’une programmation pour robot, qui est condamné à répéter sans cesse les mêmes mouvements. On rêve tous de partir, de voyager, de partir à n’importe quel moment et de revenir quand on en a envie. Beaucoup vous diront que c’est impossible que nous n’avons pas le droit, mais pourquoi ? Nous sommes des robots programmés, mais il ne semble pas que nous ayons une puce dans le bras qui nous dit de faire ce que nous avons à faire. Alors pensez par vous-même et faites ce que vous avez envie de faire. Vivez votre vie à fond parce qu’il n’y en a qu’une il faut lui donner un sens, un but. Sinon à quoi sert de se lever chaque matin pour être un robot ?

Robotic Kindness

 
 
Les robots sont parmi nous….Tu ne le savais pas ? On a déjà des robots parmi nous, des intelligences artificielles qui nous assistent ou nous divertissent. Si on prenait en considération que dans des années, si la 100e fin du monde prévue par les mayas n’aura pas lieu, nous vivrons à l’époque de Terminator, I-robot ou Wall-E. Il faudrait alors remettre en question notre comportement d’humains égoïstes qui se pensent supérieurs aux autres êtres. Dans la planète des singes les « cousins » de l’homme se vengent des mauvais traitements subis en nous rendant la pareille. Après tout qui voudrait être enfermé dans un zoo ou servir de cobaye ? Cela pourrait être la même chose pour les robots. Il est donc temps d’instaurer des règles de politesse et de respect pour les machines. 
Par exemple, ne pas laisser son portable se décharger complètement avant de le recharger. C’est comme laisser quelqu’un mourir de faim pour le ressusciter juste après. Penser à éteindre ses appareils la nuit (le manque de sommeil est dangereux pour la santé), être délicat en utilisant nos machines et penser à les nettoyer régulièrement. Cesser de taper notre réveil alors que c’est nous qui l’avons programmé, ne plus ridiculiser Siri ou tout autre intelligence artificielle avec nos « je t’aime » suivi d’un « ta gueule ». Ne pas taper une machine lorsqu’elle bugge, ça vous aide à comprendre, vous, une claque ? Remercier nos appareils ménagers qui cuisinent pour nous et nettoient tout alors que  nous passons des années à les ignorer. 
Demander l’avis de sa télévision avant de regarder « les feux de l’amour » (qui a dit que ça l’intéressait de savoir que Michel, le frère de Steve est en réalité le père caché de Barbara qui trompe James avec Jessica). Pensez à tout ce que vous n’aimeriez pas que l’on vous fasse et ne le faites pas aux machines pour que nous vivions tous heureux au pays des bisounours robotiques. Sinon dites-vous que le jour où Schwarzenegger débarquera chez vous, votre téléphone sera votre meilleur avocat. Merci !

vendredi 23 septembre 2016

Exercice d'écriture libre: "Les robots sont parmi nous..." - Terminales S4 STL

(Dans le cadre du traitement de la question: "Peut-on dire de l'homme qu'il est une machine à vivre?", un exercice d'écriture libre a été proposé aux élèves. A partir de cette formulation:"les robots sont parmi nous...", ils sont invités à rédiger un texte sans aucune contrainte de longueur, de registre de langage plus ou moins "châtié", ni de style. Tout est possible excepté la référence à des épisodes personnels de sa vie. Nous publions certains textes. Il aurait été souhaitable de tous les faire figurer ici mais l'exercice ayant été réalisé pendant les heures de cours, il m'est impossible de recopier le travail de chaque élève. Je remercie sincèrement toutes celles et ceux qui se sont investis dans cet exercice avec autant d'enthousiasme que de réel talent d'écriture. Nous n'en resterons pas là)


 Le Robot Suicide


Les robots sont parmi nous, figés, obéissants, irréprochables dans la posture rigide de leur sourire statufié. On pourrait croire qu’ils nous entourent comme les accessoires du château de la belle au bois dormant et la princesse, c’est nous, sauf que…nous ne dormons pas, du moins pas au sens propre. Je rentre chez moi, j’allume l’ordi, la télé, la radio et je me mets l’Ipod dans les oreilles, histoire d’être sûre qu’aucune parcelle de silence ne filtrera de ce boucan rassurant, des fois que je me retrouve seule dans l’absence de bruit, de distraction…La zone quoi ! 
Mon grand frère m’a parlé des tamagotchi, des petits robots qu’on devait nourrir comme un animal domestique. Ca m’a fait comprendre un truc : les robots sont là pour nous faire croire qu’on sert à quelque chose. Toi qui a perdu le sens de ton existence, nourris ton Tamagotchi, allume ta télé, regarde ta Range Rover garée dans ton garage, ta femme rangée dans ta cuisine, tes enfants pliés bien à plat sur les étagères de l’école, du collège ou du lycée, tu te donneras une contenance, l’air d’avoir fait quelque chose de ta vie, même si au fond de toi, t’en es pas vraiment certain. Les robots sont parmi nous et ça va mieux, on a de quoi occuper le prochain quart d’heure. Seule dans une pièce vide, je serais obligée de réaliser que je ne sers vraiment à rien ni à personne. Il faudrait inventer un autre tamagotchi, une machine à se tuer qui ne fonctionnerait qu’une fois donc. Ce ne serait pas gai mais ça nous ferait réfléchir : la peluche de la reine des neiges qui s’inonderait d’essence et gratterait l’allumette en criant « Vive le Tibet libre ! », l’effigie du roi lion qui se ferait Hara-kiri en chantant « le lion est mort ce soir »

Libre d'apprendre

 
Les robots sont parmi nous. Je n’ai jamais aimé raconter d’histoires parce que cela ne m’inspirait pas de devoir parler d’un sujet donné avec des règles à respecter, écrire un dialogue, être drôle, créer un effet de suspense. Je ne sais pas le faire tant que j’ai des limites. Cependant maintenant que mon cerveau est en pilote automatique, je réalise combien je hais la façon dont nous avons tous été conditionnés durant notre éducation scolaire : apprendre une poésie par cœur pour stimuler la mémoire mais sans en comprendre le sens, réaliser des calculs à partir d’une correction sans avoir acquis la moindre logique, apprendre le nom des pays du monde mais ignorer tout de leur culture et de la façon de vivre de leurs habitants. Un robot applique ce qu’on lui dit de faire, ce qu’on lui a appris mais un robot ne demande pas pourquoi il doit le faire, il ne s’intéresse pas à la question de savoir comment tout a commencé…Il agit. Et je regarde mes camarades autour de moi. Combien d’eux ont soif d’apprendre non pour être bien notés et avoir acquis une compétence et ainsi passer à la prochaine mais bien pour enrichir sa culture ? Combien de profs aimeraient nous en dire plus et appliquer des connaissances dans les situations que nous vivons tous les jours mais s’interdisent de le faire pour boucler le programme avant la fin de l’année ? J’aimerais que la société soit plus libre d’apprendre et de faire en sorte que nous nous intéressions réellement les uns aux autres. Mais peu importe, lorsque j’aurai posé mon crayon et que la sonnerie retentira, je continuerai ma journée comme j’ai été habituée à le faire depuis plus de 13 ans.
                   

                                      

                                    Transhumanité


Les robots sont parmi nous. On les appelle « les automates », ils sont égaux aux hommes, avec les mêmes droits, dans ce grand monde qu’est Xenovia. Mais cela n’a pas toujours été ainsi. Les premiers automates n’étaient que des machines sans âme créés par l’homme. Les premières générations d’automates furent perfectionnés de plus en plus, de telle sorte qu’ils ne ressemblaient plus à un assemblage de fer ou de plastique, mais à une texture de chair ayant la forme de leur créateur avec des tissus humains synthétisés par une énergie mystérieuse découverte peu après la colonisation de l’espace : la magie. Une énergie invisible mais puissante capable d’insuffler la vie dans un corps inerte, capable de faire naviguer des vaisseaux spatiaux et de fournir de l’électricité aux villes. Pour certains, la magie serait l’essence de la vie. Elle aurait donné à l’homme une âme, des émotions. Un jour, un techno-mage (un scientifique combinant la technologie et la magie) créa le premier automate à avoir une âme. Le techno-mage lui appris alors tout ce qu’il savait et voulu lui donner la liberté. Mais ils furent découverts par le complexe de régulation des automates. Le scientifique fut exécuté et l’automate désactivé puis emmené à la casse.

Un an s’écoula après cet incident et l’automate se réactiva, la magie entra de nouveau dans son corps et son âme se réveilla. Voyant autour de lui la désolation de ses frères désactivés, il eut l’idée de faire comme son « père », son créateur. Il insuffla une âme aux automates. Ils lui demandèrent comment il s’appelait. Il répondit : « Khaine. Et vous ? »

Ainsi Khaine créa des automates pensants, ayant des sentiments. Ils décidèrent ensuite de se rebeller face à l’oppression de l’homme. Un terrible conflit éclata entre hommes et automates. Khaine mena ses frères au combat, leur insufflant plus de magie et créant de plus en plus d’automates. Ils attaquèrent les complexes de construction détruisirent le CRA (complexe de régulation des automates) et réclamèrent la liberté pour tous les automates. L’humanité dut satisfaire les exigences des automates et leur attribua les mêmes droits que les hommes devenant ainsi des citoyens à part entière. Aujourd’hui encore, tout Xenovia se souvient de Khaine, la première machine devenue homme, le premier homme au corps de machine. Les robots sont parmi nous parce qu’en nous, depuis Khaine, il y a déjà la façon de penser et d’être du robot.
 

 La "non-vie"

 

Les robots sont parmi nous, êtres au cœur de pierre, au corps de fer, inhibés de tout sentiment de toute douleur. La flèche de Cupidon ne transpercera jamais ce cœur si dur. Les assauts de l’amour se briseront au contact de cette pierre irréfragable. Enfermé dans cette enveloppe métallique, le robot ne suit que les paroles dictées par des codes, n’obéit qu’aux lois de son fonctionnement. Le mot « rébellion » n’existe pas, pas plus que celui de « bonheur » ou de « satisfaction ». Rien de la vie n’imprimera son sceau sur sa « peau ». Les traces du temps ne sillonneront jamais son visage et son regard figé restera à jamais celui de deux billes colorées vide d’expression. La tristesse ne le bercera jamais au gré du va et vient hypnotique de la nostalgie. La peur ne le terrassera pas davantage, lui dont l’ouvrage incessant est de passer à l’acte sans penser qu’il le vit.



Machines à vivre
 

Aujourd’hui lorsque l’on regarde autour de nous, nous voyons toujours la même chose. Des hommes tels des pantins reproduisant sans cesse une routine identique. Selon de nombreuses personnes, le but ultime de toute vie est de trouver un emploi convenable et de former une famille. En suivant cette idée, elles vont se battre afin d’obtenir ce qu’elles souhaitent….Je voudrai vous proposer une expérience. Dans notre entourage proche, nous connaissons tous une personne de ce type là. Imaginez que vous puissiez la suivre dans sa vie quotidienne, vous seriez tout le temps là et constateriez absolument out. Voilà ce que vous verriez.

Le matin, un réveil toujours réglé à la même heure sonnera, Votre ami ira se préparer, petit déjeuner, boire son café…Il prendra les transports en commun ou non, partant toujours à la même heure, restant bloqués dans les mêmes bouchons aux mêmes endroits, rencontrant les mêmes personnes. Il en sortira le regard froid, l’air dur, tête baissée en marchant rapidement. Tout ce qu’il y aura autour de lui n’aura aucun intérêt, les klaxons des voitures, les artistes de rue, le réveil des commerces. Ce serait comme un homme seul, silencieux au milieu de centaines d’autres dans une foule muette. Il continuera sa route, saluant les mêmes employés. Ses sentiments positifs comme négatifs, et son travail seront reconduits à l’identique. Le soir arrivé, il prendra de nouveau le même chemin pour le retour, mangera avec sa famille. Les enfants raconteront une journée dépourvue de nouveauté, le conjoint également…Il se couchera. Le lendemain, une journée strictement identique recommencera. Comme vous le voyez finalement nous nous fixons des buts, des objectifs ou des barrières imaginaires…Toutes ces choses nous demande de nous conformer aux idées reçues ou à des objectifs de vie fictifs. C’est une sorte de programme qui par le regard des autres, la société commerciale et tout un tas d’autres choses nous est greffé dans le crâne. C’est comme cela que les robots sont parmi nous.

Les Nouvelles technologies


-       « Les robots sont parmi nous ! Les robots sont parmi nous ! Nous sommes envahis ! Nous sommes envahis ! hurla Paul en courant effrayé au milieu du quartier des oliviers
-       Tais-toi petit, arrête de dire des âneries ! Tu es fou ! ca n’existe pas les robots ! Rentre chez toi ! Arrête de crier ! va regarder la télé comme tous les enfants de ton âge répliqua Monsieur Fernandez, reconnu comme étant un vieux grincheux.
-       Monsieur Fernandez, je vous jure, j’en ai aperçu un en train de manger la pelouse de Madame Parizot. Il était vivant !
-       Paul, mon petit Paulo ! Ca fait presque 70 ans que je suis de ce monde et je n’ai jamais aperçu la moindre trace de robots. Tu as sûrement halluciné et puis, c’est l’heure de ma sieste ! râla encore Monsieur Fernandez
Paul courut alors chez madame Parizot à quelques pâtés de maisons mais ce qu’il aperçut le cloua sur place. Madame Parizot était assise sur une chaise robot qui la promenait partout comme si elle était prise en otage. Il arracha une grande branche d’arbre pour aller la sauver.

-       Madame, madame, baissez-vous, ne vous inquiétez pas , je vais vous sauver, cria Paul en frappant la chaise robot.
-       Stop ! Stop ! Il n’est pas vivant, c’est mon fauteuil roulant électrique, il m’aide à me déplacer, maintenant que je suis vieille
-       Mais…Mais Madame ? Et le mangeur d’herbe dehors qui c’est ?
-       Ca s’appelle une tondeuse à gazon électrique mon petit
-       Ce n’est donc pas un méchant robot qui veut vous faire du mal ?
-       Mais non, Paul, ce sont de nouvelles technologies.




Robotic affair


Les robots sont parmi nous…Cela, D.O. en était parfaitement conscient. Il ne pouvait que l’être puisque il en était lui-même un. Cette phrase, il l’avait tellement entendue, généralement de façon péjorative. Il avait appris à ne plus se soucier de ce que les autres disent de lui.
Il avait envie de dire à toutes ces personnes que oui, lui aussi pouvait ressentir, penser, mais non, il n’était pas dangereux. Il en avait marre de tous ces préjugés à propos des robots n’ayant pas de sentiments, il voulait leur envoyer tout ce qu’il éprouvait à la tête juste pour qu’ils se rendent compte de tout ça. Les robots ont leur place dans la société. On n’est plus au 21e siècle. Heureusement, ces personnes n’étaient qu’une minorité parmi toute la population. Tout le reste avait appris à accepter les robots et à vivre de leur côté. D.O. déteste quand on l’appelle « robot ». Il préfère de loin « humanoïde ». Il avait l’impression d’être plus humain. Il avait subi tellement de discrimination tout au long de sa vie, tellement d’humiliation et il en avait assez. Des personnes  qui lui disaient qu’il ne devrait pas exister, qu’il n’aurait jamais dû être créé, qu’il n’avait pas de famille. Si ! Il avait une famille, peut-être pas une famille habituelle, mais une famille, mais une famille tout de même. Il avait 10 frères, des frères de cœur plutôt et il aimait chacun d’eux comme s’ils étaient ses vrais frères.
Mais D.O. sentait qu’il lui manquait quelque chose. Il ne savait pas ce que c’était mais il le sentait au fond de lui
C’est là qu’il rencontra Jongin et ce fut certainement la meilleure chose qui aurait pu lui arriver. Dés qu’il le vit, il savait que c’était lui, il savait que c’était ce qui lui manquait. Il aimait la chaleur qu’il dégageait, son regard chaleureux, son sourire qui ne montrait que de la gentillesse et il était entouré d’une aura si belle qu’il ne put s’empêcher de se sentir attiré par lui. C’était peut-être le fait qu’il était vraiment humain, pas seulement dans ses actions mais également dans sa manière de penser qui l’avait fait tomber amoureux de lui. Oui il était sûr que ce qu’il ressentait  était de l’amour, cela ne pouvait être autre chose. Jongin le traitait équitablement, il ne le voyait pas comme un être inférieur mais comme un être vivant. C’est pour cela qu’il fut le plus heureux quand Jongin lui demanda de sortir avec lui.
Il n’avait jamais autant souri. Personne ne l’avait fait se sentir aussi humain avant lui, aussi vivant. Cependant Jongin l’inquiètait. Il semblait que ce dernier s’éloignait de lui, pas physiquement mais mentalement. Il lui demanda pourquoi même s’il avait peur de sa réponse:
-  « D.O., tu sais qu’on est différent, je ne te vois pas comme un être inférieur, au contraire. Je pense que tu mérites tellement mieux que moi. Tu sais que je vais vieillir et tu resteras toujours jeune et en bonne santé. Je ne suis pas la meilleure personne pour toi. J’ai peur que tu te lasses, que tu me laisses pour quelqu’un qui ne vieillira pas, qui ne tombera jamais malade, qui sera toujours à ton niveau. »
D.O. pleura ce jour là. On l’avait toujours fait se sentir inférieur mais jamais supérieur. C’est comme si l’amour était fondamentalement « asymétrique ». Pourtant il savait que jamais il ne quitterait Jongin.
« Les robots sont parmi nous… » Ce fut Jongin qui lui dit cette phrase. Il leva la tête, le regarda étonné. « Les robots sont parmi nous, et je ne pourrai pas être plus heureux de ce fait, parce que si ce n’était pas le cas, je ne t’aurais jamais rencontré. »
Il avait tellement l’habitude d’entendre cette phrase sur un mode péjoratif qu’il resta choqué en entendant cette phrase. Et ce fut tout parce qu’il n’y avait pas besoin d’autres mots entre eux. Ils sont différents, un humain et un robot peuvent s’aimer. Il n’y a pas de chasse gardée, réservée aux seuls humains concernant le sentiment amoureux. « les robots sont parmi nous » et il faudra l’accepter.

                                         

Les robots décomplexés

 
Les robots sont parmi nous…Le rapper met sa casquette à l’envers, le gothique me regarde comme une merde du haut de ses semelles compensées, la branchouille friquée me parle tout en consultant sa messagerie pour me faire comprendre qu’elle a des amis et qu’elle donnerait tout pour être ailleurs qu’en face d’un looser incapable de se payer un BlackBerry. Des fois je me dis qu’on aurait plus à apprendre d’une conversation avec son micro-ondes ou son congélateur qu’avec nos semblables.
-       Salut comment ça va ?
-       Fraîchement
-       Tu fais quoi ?
-       Ben du froid ! Espèce de nouille !
-       C’est cool
-       Non c’est plutôt cold
-       Et pourquoi tu fais ça ?
-       Ben pour conserver tes pizzas au frais. Connard !
  Quitte à devenir copain avec un robot, j’aime autant qu’il soit grossier. Ce serait beaucoup plus fun. Prenons les robots au péage des autoroutes : « reprenez votre carte, faites taire vos gosses et dégagez votre caisse de là ! », ou mieux encore le GPS : « prenez la prochaine sortie à gauche, ensuite suis les pancartes, c’est indiqué Ducon ! » ou les répondeurs surbookés quand on a besoin d’un conseiller pour un problème informatique : « Tous nos opérateurs sont en ligne actuellement. Veuillez consulter notre site ou rappeler ultérieurement mais vous feriez tout aussi bien d’arrêter de vous obstiner : vous en touchez pas une en informatique. A votre place, je ferai du tricot ou je me mettrai à la pétanque, ca vous reposerait et puis ça ferait un naze de moins sur le réseau. Allez ! Cours Forest Gump !» L’humanité qu’on a parfois du mal à trouver chez les hommes, il faudrait la programmer chez nos robots, histoire de pas oublier nos pulsions.