jeudi 27 octobre 2011

"Mr Nobody" de Jaco Van Dormael



(Je souhaiterai ajouter quelques mots en guise de préambule à cet article qui a été rédigé depuis plus de trois ans, maintenant. En premier lieu, il convient d'insister  sur le rapprochement évident avec le film d'Arthur Penn: "Little Big Man". On voit les épisodes de la vie du héros Jack Crabb,seul survivant de la défaite du général Custer Little Big Horn, défiler au gré de la voix chevrotante d'un vieillard âgé de 121 ans. Cette existence est absolument incroyable, notamment du fait de l'extrême hétérogénéité de tous les moments qui la composent. Nous sommes encore tributaires de l'écoute d'"un" personnage" qui a vécu "une" vie. Avec "Mister Nobody" qui commence de la même façon que "Little Big Man", nous suivons l'éclatement de toutes les voies d'une vie qui ne cesse de se démultiplier, de faire jaillir à chaque instant les rhizomes des existences possibles s'entrecroisant (on pourrait dire "s'entrecroissant") dans le flux d'une arborescence inouïe. On mesure ainsi tout le chemin parcouru par le cinéma en tant qu'instrument d'investigation de ce qu'exister "est" ou du moins "suppose" (on pourrait dire que le "cut up" s'est substitué au "flash back"). En second lieu, si j'avais à réécrire cet article, j'insisterai un peu plus sur l'amour. Il y a quelque chose de "Mister Nobody" qui répond très habilement à Pascal:" Qu'est-ce que le Moi? (...) Celui qui aime quelqu'un à cause de sa beauté l'aime-t'il ? Non, car la petite vérole, qui tuera la beauté sans tuer la personne, fera qu'il ne l'aimera plus. Et si on m'aime pour mon jugement, pour ma mémoire, m'aime-t-on moi? Non car je puis perdre ses qualités sans me perdre moi-même. Où est donc ce moi s'il n'est ni dans le corps, ni dans l'âme?" La réponse est dans ce film: le moi est dans le "dispars", dans l'éclatement, dans la diffraction de tous ces flux d'existence au fil desquels se constitue l'intermittence de cette subtile propension à "tenir" bon gré mal gré et à se faire aimer des autres non seulement pour ce que l'on a vécu mais aussi pour toutes ces existences virtuelles que l'on a été tout prés de vivre (mais le seuil de cette proximité, loin de désigner l'espace d'un fossé infranchissable est ici l'objet d'une exploration et d'un franchissement)


Quand nous lançons un dé, un chiffre de un à six finit par « tomber ». Disons que c’est le quatre. Pour la plupart des gens, c’est fini, on n’en parle plus. Point barre. Si on réfléchit un peu, on pense que le un, le deux, le trois, le cinq, le six auraient pu tomber aussi. Si on réfléchit beaucoup, on réalise qu’à partir de chacun de ces chiffres, cinq lignes de faits « parallèles » se dessinent, non pas dans l’univers infini des possibles, mais dans le possible de cinq univers traçables à l’intérieur desquels quelque chose comme une version de ma vie suit son cours. Si on réfléchit encore plus, on réalise que la rotation du dé sur la table, l’indécision de toutes ces faces « sur le point de tomber », oscillant sur l’angle de l’arête du cube ont donc fait tournoyer six directions différentes de mon existence pour finalement n’en déterminer qu’une seule mais jusqu’à quand ? Je vois bien qu'une face du dé tombe mais en va-t-il de même pour les différentes possibilités qui se dessinent à partir d'un choix de ma vie?  Quand je décide de boire un café plutôt qu’un thé alors que j’avais le choix, je crée immédiatement la possibilité d’un moi buvant du thé dans un univers parallèle, et ainsi de suite. Nos existences se constituent donc sur le fond grouillant d’existences différentes, potentielles et croisées qui peut-être nous envoient de temps à autre des signes de connivence. Le point sur lequel l’image du dé est vraiment intéressante se situe dans la réalisation du fait que notre vie, « la » vie, c’est-à-dire chaque instant de notre vie est l’oscillation de ce contact entre une surface et l’hésitation d’un dé qui ne tombe jamais.
Tant que je n’ai pas choisi le café, l’option du thé est toujours possible, cela veut dire qu’elle n’est pas rien. Et d’ailleurs : en ai-je jamais fini de l’option « café » ? Il est là, je le bois, mais rien ne m’empêche de le jeter et de le remplacer par un thé. On me répondra que je l’ai choisi à un moment antérieur « donné » mais où cet instant aura-t-il été donné ? Aux yeux de qui ? Sur le fond de quelle réalité figée ? Quelque chose de mon choix précédent du café n’a-t-il pas précipité ma deuxième décision de boire un thé (une déception éventuellement) ? Cela veut donc dire que l’idée d’un thé (meilleur) n’a pas cessé d’être présente alors même que je choisissais le café, comme une autre vie « possible » que je décide de faire devenir « réelle ». Il y a donc peut-être en moi un superviseur caché, étranger, obscur et inconnu qui serait comme un aiguilleur décidant des intersections, et faisant de ma vie réelle une succession sans entracte de croisements avec le flux grouillant de toutes mes vies possibles. 


Et si ce superviseur était « moi », si finalement à un niveau très, très, très inconscient, c’était toujours en connaissance de cause, c’est-à-dire dans l’évaluation apparemment impossible des milliards de milliards de connexions possibles avec la multiplicité rhizomique de toutes les existences dont chaque instant de vie est le germe que l’on se déterminait, alors vraiment chacun de nous serait à la fois lui-même et « personne », et plus encore que cela, il serait lui-même exactement parce qu’il aurait la connaissance de tous les croisements de circonstances qui ne cessent de nous constituer comme le puzzle provisoire d’une combinaison insoupçonnable et contingente (contingent : qui aurait pu ne pas être) de fragments du hasard : « moi ». Chaque moment de vie nous « hache menu », nous réduit à rien et en même temps paradoxalement nous constitue comme assemblage provisoire de ce découpage en lamelles. C’est parce qu’on est personne qu’on est « une » personne. Celui qui possèderait une vision omnisciente et microscopique de la réalité percevrait l’incroyable grouillement de circonstances, d’interactions « folles, incessantes, apparemment « accidentelles » auxquelles tient le fil embrouillé de son existence. Il réaliserait que l’on n’est rien de plus que la conséquence d’une coquille d’œuf dans une gaufre ou d’un coup de vent né à des milliers de kilomètres de là du vol d’un papillon ou du choix d’un fabricant de chaussures de faire des économies sur le prix des lacets. C’est bien là la vraie texture de notre milieu et c’est dans l’échange de micro-données avec ce milieu de l’infiniment petit que nous consistons. Mais il est toutefois un degré de sensibilité possible à cette suite ininterrompue de petits riens qui nous rend capable de ramasser tous les instants en un instant et de distinguer non seulement comment s’activent des chaînes de causalité à partir de nos choix ou des aléas des circonstances mais aussi de les voir tisser entre elles des connexions, des « points de croix » dans une arborescence « imageante » qui, tout en constituant le propre du film, nous fait expérimenter le tissu même de ce que « vivre » est.
Le réalisateur Jaco Van Dormael a dit que l’idée du film était née d’un court métrage dans lequel on voyait un enfant confronté au dilemme d’avoir à choisir entre ses deux parents sur le quai d’une gare. On retrouve exactement cette scène dans le film, et c’est à partir de cet épisode, qui nous est lui-même présenté dans ces deux versions : rester avec le père (à cause d’un lacet qui casse) ou prendre le train avec la mère, que commence à s’entrelacer les flux divers de toutes les vies possibles. Ces flux sont toujours  identifiables par la compagne ou l’épouse, laquelle agit comme une sorte de marqueur (nous repérons petit à petit grâce à elles, où on est même si justement à l’intérieur de chacune de ses aventures, de nouvelles options ne cessent de se greffer). La clé du film nous est livrée lorsque Mr Nobody, âgée de 118 ans, en 2092, assène à un jeune homme venu l’interviewer la « vraie vérité » : « nous faisons partie de l’imagination d’un enfant confronté à un choix impossible ». Le vieil homme qui vient de raconter sa vie au journaliste, toute sa vie, c’est-à-dire toutes ses vies, résout alors « apparemment » le dilemme posée par des vies contradictoires (vies dans lesquelles il part « et » ne part pas, dans lesquelles il vit avec telle femme « et » avec telle autre). Lorsqu’on ne choisit pas, tous les choix sont possibles. Les télescopages incessants d’une chaîne de causalité existentielle à une autre sont donc possibles puisque toutes ces représentations se condensent dans un seul flux d’images qui est l’exploration de l’enfant de toutes les vies futures qui s’offrent à lui à partir de ce choix, choix qu’il n’a pas encore fait. Le film, c’est donc du possible mis en images. Tout est possible dans le suspens du réel.

Mais peut-être aurions-nous tort de nous précipiter vers cette modalité d’explication, ou du moins d’en tirer la conclusion que toute cette arborescence est intégralement fictive car il y a dans le film deux leitmotivs apparaissant plus clairement de temps à autre et contrariant activement la teneur fictive des images, l’un est astrophysique, l’autre métaphysique. Concernant le premier, Il est fait à plusieurs reprises référence au « Big Crunch ». Le temps est finalement l’étirement de l’espace, c’est-à-dire l’expansion d’un univers dont le « big bang » est finalement moins le début que la continuité. Nous ne cessons pas d’être dans le flux d’expansion du « big bang », si l’on se rallie à cette hypothèse astrophysique. Et c’est ce qui explique, comme le dit le film, que jamais la fumée ne revient dans la cigarette ou qu’un vase brisé ne se recompose pas naturellement. C’est ce que nous appelons l’irrévocable, composante essentielle de notre conception habituelle du choix : quand nous choisissons telle option, nous disons irrévocablement adieu à l’autre, laquelle tombe dans l’inexistence.
Mais que se passerait-il si l’univers n’était pas en expansion « infinie » et si à cette phase de dilatation succédait une phase de contraction (big crunch) ? Cette hypothèse n’est pas vraiment accréditée par la plupart des astrophysiciens car nous avons découvert dans les années 90 l’existence de l’énergie noire, laquelle accélère le mouvement d’expansion mais nous ne connaissons pas encore la nature exacte de cette énergie noire et la possibilité d’un big crunch n’est donc pas à écarter. Le film propose à plusieurs reprises des modélisations concrètes de ce que cela donnerait : la fumée reviendrait dans la cigarette, le cadavre d’une souris reviendrait à la vie, entre autres choses. Le plus important réside dans le fait que la dimension de l’irrévocable disparaîtrait de nos choix. Ce que nous décidons se ferait dans la forme même de ce qui pourrait être autre puisque un mouvement rétroactif le parcourra en sens inverse. Par conséquent, quand nous choisissons une option entre deux possibles, nous ne faisons plus tomber la voie non choisie dans le néant, celle-ci se maintient dans une dimension marginale, fluctuante, une « voie de traverse » dotée sans aucun doute d’un certain degré de réalité et c’est tout le propos du film que de suivre « les travers de cette voie de traverse » dans ces intrications avec une vie « réelle » dont justement on ne distingue plus tout ce qui la rend plus réelle que l’autre d’avoir été choisie.
L’autre leitmotiv du film est métaphysique, voire spirituel. Il nous donne la représentation imagée d’une thèse que certains écrivains, philosophes ou mystiques ont parfois plus ou moins directement formulée. Celle-ci consiste à envisager la possibilité d’un prélude à la naissance, dans lequel nous jouirions de la connaissance absolue de toute notre vie. Le petit renflement en V que chacun de nous possède au croisement des lèvres supérieures désigne la place où les « anges de l’oubli » ont imposé leur doigt nous imprimant ainsi le silence sur le fond d’une existence intégralement connue que nous ignorerions désormais. Ce renflement est en effet appelé : « l’empreinte de l’ange ». Or, Mr Nobody a été oublié par les anges de l’oubli. Il jouit donc de la connaissance totale de son existence et c’est exactement dans cette anomalie que consiste ce que l’on pourrait appeler la problématique du film : Qu’est-ce que ça donne : un être humain doté du savoir absolu sur les circonstances les plus infinitésimales de chaque micro-centième de son existence ? L’exemple le plus intéressant de ce savoir absolu nous est donné quand le vieux Mr Nobody raconte qu’en choisissant un jour un jean moins cher, il avait participé au licenciement d’un ouvrier travaillant dans une usine de jeans au Brésil. Cet ouvrier au chômage s’est donc un matin cuisiné un œuf, provoquant ainsi un déséquilibre dans l’émission des courants d’air chaud, lequel a entraîné une pluie très locale aux États-Unis, pluie dont une goutte a fait disparaître l’encre du Numéro de téléphone de la femme que Nobody vient juste de retrouver…et de perdre, après plus de dix années de recherche (la notion orientale de « Karma » n’est vraiment pas loin). Mr Nobody ne se révolte pas. Il sait que vivre est exactement « survivre » dans cet incessant jeu de dominos là : nous n’agissons jamais dans du vide mais toujours dans du plein.


Il n’y a pas de place dans ce milieu perçu exactement tel qu’il est pour « une » vie parce que celle-ci ne se trace jamais sur une feuille blanche. On pourrait ici inventer un terme, le seul peut-être pouvant décrire l’impossibilité de cette vie « une », définie, identifiable : c’est le verbe « inter-être ». Nous ne sommes pas seulement pris dans un jeu perpétuel d’interactions, nous interagissons avec elle, et c’est ce que nous appelons faussement « notre » vie. Nous ne sommes pas, nous « inter-sommes ». Comment serais-je « quelqu’un » si je ne vis d’aucune façon quoi que ce soit qui ressemble à « une » existence? Comment s’appeler autrement que « Mr Nobody » quand on sait qu’il n’y a pas de place dans ce monde pour « être » mais seulement « inter-être » ?
C’est bien la notion même de vie « réelle » qui perd son sens dans la conscience acquise de tous les « micro événements » sur le fond desquels nous dégageons illusoirement des choix, des faits, des prises de décision. Une vie peut basculer à cause d’une coquille d’œuf ou d’un bas prix négocié sur la qualité des lacets. Ce qui s’est réellement passé, c’est justement le basculement, et c’est toujours à cette hauteur là que se situe Mr Nobody quand il raconte ses souvenirs, lesquels sont littéralement des « sous-venir » ce qui vient du dessous de ce que nous appelons le réel. Il ne décrit jamais de la fiction, il évoque, au contraire, la ligne de crête des évènements, cette ligne ténue dont on perçoit la fragilité à la mesure des blocs de vie dont elle trace la ligne de partage, d’oscillation de l’un à l’autre. Ce n’est pas qu’il ait failli être marié à telle femme, étant entendu qu’il se serait « en fait » marié à telle autre, c’est qu’il n’a jamais vécu ailleurs que dans des zones indécises où il n’a jamais fait que « faillir » être avec celle-ci ou vivre avec celle-là, et ce « ou » est en fait un « et ». Aucun moment de notre vie n’est autre chose qu’un point de basculement d’une vie possible à une autre vie possible et le réel de notre vie est constitué de tous ces points. En d’autres termes, Mr Nobody ne rêve pas, il n’hallucine pas, il suit la ligne brisée, étrange, tourmentée de l’oscillation d’un dé roulant sur ses arêtes sans jamais se fixer sur une seule de ses faces. Nous existons dans les lignes de partage entre les faces dont chacune représente une vie possible. « Jamais coup de dé n’abolira le hasard » a dit le poète Mallarmé et c’est bien l’impossibilité de cette abolition là que le film explore vertigineusement.

       Évidemment, nous, spectateurs, ne cessons pas de voir le film, surtout le début, en nous demandant laquelle de ces possibilités est vraie, avec quelle femme il vit « vraiment » mais Mr Nobody nous répond, comme il le fait lors d’une scène : « Elles sont toutes vraies » puisque on ne vit réellement que dans l’interstice de tous ces possibles. Ce n’est pas qu’il aurait pris le train en détruisant la possibilité de ne pas le prendre, c’est plutôt qu’il n’a pas cessé d’arpenter la ligne de distinction entre le prendre et ne pas le prendre, et cela pas seulement par la suspension de la décision comme un passage du film pourrait nous le faire croire mais aussi en choisissant ou en agissant puisque la poursuite d’une option n’annule jamais l’autre mais au contraire ne cesse de la nourrir, et parfois la croise. Quand nous racontons notre vie, nous sommes toujours à côté de la plaque, parce que « les anges de l’oubli » nous ont laissé l’empreinte de leur doigt sur les lèvres, parce que nous croyons vivre « une » réalité sans réaliser que nous ne cessons d’arpenter cette ligne de crête hasardeuse entre tous les possibles. C’est cela que la situation exceptionnelle de Mr Nobody lui permet de vivre et de savoir. La prétendue « amnésie » de Mr Nobody est à reconsidérer à la lumière de cette omniscience. Il n’a rien à dire au médecin parce que celui-ci attend les souvenirs normaux d’une personne normale ayant « un nom », « une vie », etc, mais sûrement pas la justesse, le trait fin et nuancé de toutes ces vies possibles dans la ligne de basculement desquelles il a « vraiment » vécu, comme nous tous qui l’ignorons. 
Lorsque nous voyons, à la fin du film, ces hélicoptères déménager des blocs de mer pour « rapatrier » tous les éléments du décor dans un retour vers le passé, nous réalisons la nature d’un mouvement qui est exactement le contraire de l’amnésie, soit celui d’une anamnèse, au sens ésotérique du terme, c'est-à-dire « la connaissance totale de toutes ses vies antérieures » et trois interprétations, sur ce point encore, se chevauchent sans s’exclure:
1) Comme le dit Mr Nobody, l’enfant a choisi et « reprend ses billes », c’est-à-dire fait revenir tous les éléments d’exploration de ses vies possibles à partir des options envisageables, puisque il a pris sa décision (laquelle est d’ailleurs de n’aller ni avec l’une ni avec l’autre);
2) Il est arrivé à ce point de rebroussement du temps cosmologique (le contraire du point de « non-retour ») à partir duquel le « big crunch » commence son mouvement de rétroaction
3) Il perçoit le délitement du décor comme le ferait tout être omniscient en train de mourir. Nous ne disparaissons pas sans que disparaissent aussi les éléments du milieu avec lequel nous n’avons jamais cessé « d’inter-être ».

(Remerciements à Clément Diètre de la Terminale S1 qui m’a fait découvrir ce film)

12 commentaires:

  1. excellente explication du film !très claire et précise.

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  2. Bonsoir,
    Nous sommes deux à avoir lu ce commentaire. Cette analyse nous a plongé dans un univers fugace et marginal teinté de spiritualité.
    Merci beaucoup.

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  3. J'ai lu cet article juste après avoir regardé le film et cette analyse reprend super clairement tout ce que j'avais réussit à dégager du film et plus encore.
    Il n'y aurait pas un article du même genre disséquant American Psycho et son mythique Patrick Bateman? J'avoue avoir relevé un paquet de détails signifiants mais je ne sais pas trop quoi en faire, je n'ai pas d'interprétation claire de ce film.
    En tous cas merci encore pour cette dissection de Mr. Nobody!

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    1. Bonjour et merci pour votre message,
      J'ai vu deux fois "American Psycho" et il faudrait que je le regarde à nouveau pour envisager d'essayer une analyse comparable à celle-ci. Pour être honnête, et aussi intéressant que soit ce film, j'ai pris moins de plaisir à le suivre que "Mister Nobody" probablement parce qu'American psycho" est la critique violente (et justifiée) d'un mode de vie. C'est un film qui défend avec force une thèse, alors que Mister Nobody va au-delà de cette seule visée. Mais je prends en compte votre demande et je finirai peut-être par publier une analyse dans ce blog.
      Merci encore pour vos remarques et vos encouragements. Ils me font très plaisir.

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  4. Merci beaucoup pour votre article !

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  5. Très belle analyse qui eclaircit bien des choses, ce film m'a agreablement surpris du début à la fin. Avez vous vu le film cloud atlas ? On peut distinguer des similitude entre ces deux films dans certaines idées du scenario. Je serais curieux d'avoir votre avis sur ce film si vous en avez un !

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    1. Bonjour,
      Merci beaucoup pour votre message. Oui, j'ai été comme vous très impressionné par "Cloud Atlas"que je n'ai vu qu'une fois. Il fait en effet partie des films dont j'ai très envie de parler et j'espère avoir suffisamment d'éléments et de recul pour pouvoir rédiger un petit article sur ce blog. Pour cela il faudrait que je le regarde à nouveau. Comme je suis aussi enseignant de philosophie dans le secondaire, je relie tous ces films à un thème dont je dois dire qu'honnêtement je ne comprends pas bien qu'il n'occupe pas davantage les préoccupations de nos contemporains, c'est celui du "multi-vers". Je vais bientôt évoquer ici de nombreuses références qui tournent toutes autour de cette idée. On aurait tort d'ailleurs de croire qu'elle est récente puisqu'on la retrouve chez des auteurs aussi anciens qu'Anaximandre, mais indiscutablement il se passe en ce moment des choses dans les domaines de l'astrophysique (Aurélien Barrau) de la philosophie (Jean-Luc Nancy, Nelson Goodman, David Lewis)de l'art et du cinéma (là les auteurs sont vraiment nombreux et vous avez raison, la question centrale des Wachovski ayant toujours été celle de l'identité, leur oeuvre rejoint, je crois, cette interrogation: "dans quels mondes vivons-nous?"pour reprendre le titre d'un livre d'Aurélien Barrau et de Jean-Luc Nancy.
      Merci encore pour votre gentillesse.

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  6. Une superbe analyse.
    J'ai personnellement eu du mal avec cette vision du big Crunch, du mal a me l'expliquer, comme j'ai eu du mal à m'expliquer comment le Némo vieux peut intéragir avec le némo au pull en losange mdr.

    j'ai bien compris que tout était l'histoire imaginé( ou le futur prédit ) de tous les vies parallèle au choix que Némo petit à a faire sur la gare.
    Mais comment expliquer ces interactions entre le monde futur et passé, c'est ce avec quoi j'ai eu le plus de mal.

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  7. Formidable lecture. Merci beaucoup.Pour me part j'ajoute que le choc de 2001 odyssée de l'espace est durable et que ce vieillard là, je vous invite tous à le rapprocher d'un autre qui vivait aussi du cycle du temps et de l'espace. Leurs similitudes sont aussi le fait des effets de maquillage sur des hommes jeunes mais... Un réalisateur aussi doué et aussi visuel n'a pas cité sans le vouloir et si vous doutez, revoyez l'univers blanc et tout intérieur de la fin du monde version 2001.
    Bises à tous.

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  8. Merci de l'analyse! Après un second visionnage de ce film, j'ai cherché à découvrir si certains auraient développer un point de vue et une compréhension différents à mon expérience. J'ai plutôt trouvé une complémentarité que j'apprécie beaucoup!

    Merci encore.

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  9. Bonsoir,

    Je viens de regarder ce film à la fois magnifique et déroutant pour la seconde fois. Je n'ai pas un sens philosophique très développé, j'ai néanmoins une question à laquelle je n'arrive pas à répondre :
    Si je ne me trompe pas, Némo fait finalement le troisième choix qui n'est de ne pas choisir entre ses parents. Étant donné que la vie amoureuse avec Anna soit vécu par Némo lorsqu'il choisit sa maman, comment est-ce possible qu'à la fin, lorsqu'ils se retrouvent tous deux prêt du phare, Anna se souvienne de sa amoureuse avec Némo ?
    Je ne sais pas si ma question est claire... J'espère quand même avoir une réponse de quelqu'un :)

    Merci en tout cas pour cette analyse.

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    1. Bonjour,
      J'ai écrit cet article il y a un certain temps maintenant. Pour être vraiment clair et précis dans ma réponse, il faut que je revoie le film (même si je le regardais très souvent à l'époque où j'avais décidé de rédiger une petite analyse. Ceci dit, il est clair que le parti de ce film est précisément d'envisager (disons de visualiser dans le cadre d'un film) la possibilité de rappels d'échos incessants entre toutes ces vies qu'en un sens nous ne cessons pas de mener tout le temps et partout. Ce que vous avez fait dans cette vie résonne avec les autres choix qui s'effectuent dans les autres vies. L'idée la plus philosophiquement forte de ce film est à mon sens d'illustrer complètement dans le cadre des vies d'un homme la notion d'univers multiples. Nous partons du principe que ce que nous choisissons fait tomber dans le néant ce que nous n'avons pas choisi mais il est "envisageable" que nos choix, plutôt que de s'effectuer sur le fond d'un vide s'effectue sur le fond d'un plein. C'est ça "le fond de l'affaire", je crois. A ce moment là, il faudrait s'interroger sur ces impressions que nous avons parfois de "déjà-vu", de coup de foudre, de sentiments de reconnaissance à l'égard de moments ou de personnes que nous voyons pourtant pour la première fois (dans cette vie là. qu'un personnage ait le "souvenir" d'un autre choix effectué dans une autre vie devient dés lors possible et donc filmable)
      Bien cordialement
      JB

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